Notariat 2000 a demandé à un panel de 300 notaires comment ils voyaient l’avenir de la profession. Optimistes et pessimistes se sont répartis en deux camps presque égaux. Nous publions ci-dessous les propos de certains d’entre eux.

Les optimistes : 48,2 %

  • « Le notariat a les moyens financiers et la capacité pour s’adapter à l’évolution des besoins de la population, voire les devancer. Il faut faire corps et s’investir chacun à son niveau et travailler pour encourager l’excellence ». (Jean-Luc Charras, 26)
  • « Nous prouvons tous les jours dans nos études que nous sommes utiles à nos concitoyens par notre expertise juridique dans le domaine du droit immobilier ou de la famille notamment ». (Arnault Merle, 21)
  • « Le travail du notaire a du sens aux yeux des Français ». (Jean-Philippe Pelegry, 31)
  • « Si l’on est capable de se remettre en cause et de travailler avec la nouvelle amplitude qui nous est imposée, nous valoriserons notre profession et la maintiendrons. Une attitude de désespérance n’a jamais fait avancer les choses ». (Bernadette Mahoux Martel, 11)
  • « Malgré le dénigrement de certains lobbying et politiques, le notariat est un rouage essentiel pour la sécurisation des pouvoirs publics » (Hubert Gindre, 33)

Les pessimistes : 51,8 %

  • « Les jours du notaire, avec son indépendance, sont comptés. Nos successeurs doivent se préparer à intégrer des structures dont ils seront un rouage. Certes important mais interchangeable ». (Grégoire Bauchy, 45)
  • « Dans cette grande famille, l’intérêt individuel prime sur l’intérêt collectif » (Jérôme Foureix, 16)
  • « La profession va mourir de sa belle mort. La loi de 2016 a sapé les fondations du notariat » (Patrick Reynaud, 17)
  • « Notre profession n’a plus aucune crédibilité. C’est désormais une espèce en voie d’extinction programmée et acceptée. » (Jean-Yves Lasfargues, 06)
  • « L’arrivée des notaires Macron se fait dans la débandade le plus complète. Avec la perte des clercs habilités, il y a la multiplication des notaires salariés. On ne trouve plus de personnels ; ils ne veulent pas venir dans les territoires ruraux. » (Jacques le Bouvier, 17)
  • « Il existe trop de disparité entre les offices. Les gros vont continuer à grossir et les petits à souffrir ». (Gaël Bailleul, 27)
  • « La loi Macron a radicalement changé l’état d’esprit de la profession. Il n’est pas rare de voir les clients arriver dans notre bureau après avoir vu un ou deux notaires qui ne veulent pas s’occuper de leur affaire… Si l’on ne remplit plus cette mission de service public, notre statut n’a plus de raison d’être. De plus, les notaires sont en train de perdre le droit de la famille (comme le droit des affaires il y a quelques années). Il faut un virage radical de la profession pour imposer le notaire comme l’expert des familles ». (Nathalie Andrier, 74)
  • « La tendance capitalistique de la profession m’effraie. A l’image de la grande distribution, le notariat individuel disparait. Le service sera-t-il mieux rendu par le notaire de supermarché qu’auparavant par le notaire individuel ? » (Bruno Dufourcq, 02).
  • « La multiplication des créations Macron entrainera des effets catastrophiques. Ils seront tentés d’accepter tous les dossiers (y compris les plus risqués) pour s’assurer un revenu. La caisse de garantie collective ne pourra plus jouer son rôle si elle est trop sollicitée. L’augmentation des primes d’assurance responsabilité sera inéluctable. La diminution programmée des émoluments va contraindre les notaires à s’orienter vers les dossiers générant des honoraires et entraîner une méthode de calcul proche de celle des avocats. Tôt ou tard, les notaires seront absorbés par les avocats. » (Jean-Jacques Pinel, 75)

Et vous, êtes vous plutôt optimiste ou pessimiste ?

Votre avis nous intéresse ! N’hésitez pas à nous faire part de votre avis.