Il y a peu, j’ai reçu l’acte de vente par une mémé à un jeune, d’une vieille maison avec des terrains, au prix de 46.250 euros. Entre la plus-value de la mémé qui vendait et la fiscalité payée par l’acquéreur, on a atteint un peu plus de 15 % du prix, somme qui part dans l’escarcelle de notre si parfait Trésor Public.

A cette occasion, votre serviteur s’est « goinfré » honteusement avec 1.844 euros HT d’émoluments tarifés. Soit presque 4 % du prix, pour à peine 4 mois de travail en amont et 30 ans de responsabilité en aval. C’est un scandale, non, de voir un notaire – donc « un inutile »- se « gaver sur le dos du public » ? A la campagne, c’est comme ça tous les jours…

Vivement que not’ bon président dégage vite fait « ces parasites ». Sûr, il va promettre que non, non, pas du tout, « les notaires sont beaux et on les garde ». Mais d’ici 2 à 3 ans, le ton va changer.

Moi qui vais être bientôt à la retraite (j’espère…), je vais me reconvertir en bookmaker pour prendre les paris sur l’évolution de notre profession dans un contexte où les pouvoirs publics, élus et bénis des dieux, vont vouloir à toute force faire grossir les gros et maigrir les petits.

Un proverbe (russe paraît-il), bien connu de vous tous/toutes, illustre à merveille cette doxa : « l’œuf tombe sur la pierre, tant pis pour l’œuf. La pierre tombe sur l’œuf, tant pis pour l’œuf ».

Paul Etienne Marcy, notaire à Argentat (19)