Les activités immobilières au cœur de l’activité notariale seront à l’honneur lors de la convention qui va se tenir les 4, 5 et 6 avril prochain à La Palmyre en Charente-Maritime. Ces activités immobilières sont multiples : négociation, gestion de loyer, expertise. Celle qui focalise l’attention demeure bien sûr la négociation.

 

Passons le fait que certains notaires la considèrent comme pernicieuse, c’est un vieux débat récurrent qui oppose les tenants d’un notariat orthodoxe à coloration “officier ministériel” à ceux qui privilégient la fibre libérale des activités hors monopole. Il paraît plus intéressant de s’attacher au marché des transactions et surtout à celui des acteurs de ce marché. En fait, la tendance qui a le vent en poupe, c’est le marché “de particulier à particulier” qui se trouve dopé par les moyens modernes de communication et de confrontation directe entre l’offre et la demande. En sens inverse, de multiples contraintes s’additionnent pour compliquer et fragiliser les processus de transaction. C’est là que la présence d’un professionnel, même si elle a un coût, apporte une garantie de sécurité essentielle pour une opération à fort impact que beaucoup de personnes ne réalisent qu’une fois dans leur vie, et pour lesquelles il est essentiel de ne pas se tromper. En bref, deux tendances lourdes qui s’opposent et qui incitent à la réflexion. Et donc une négociation immobilière à la croisée des chemins.

 

Transactions entre particuliers : En hausse

L’appétence pour les transactions directes entre particuliers s’explique aisément : pourquoi payer des frais de négociation lorsqu’on a la conviction que l’on peut très bien se débrouiller sans le concours d’un professionnel, qu’il soit notaire ou agent immobilier ? Mais c’est faire fi de la valeur ajoutée que ces professionnels apportent dans les différentes phases de l’intermédiation. Ils apportent incontestablement une sécurité dans la mise en place de contrats de vente rendus complexes par une législation toujours plus contraignante, notamment avec l’apparition d’une kyrielle de diagnostics. Ceci étant, la réalité est là : les ventes directes entre particuliers se développent.

 

“Kit low cost notarial”

Quelques notaires, conscients de ces enjeux, se sont mis à réfléchir autrement : plutôt que de laisser le marché des transactions entre particuliers se développer de façon anarchique, pourquoi ne pas élaborer une nouvelle offre de services sous forme d’un “kit low cost”, sous réserve de configurer précisément ce “package” et son prix de vente  ? Accompagner les particuliers dans les différentes démarches moyennant une rémunération réduite, cela peut permettre de continuer à exister sur un marché qui, à défaut, risque d’échapper complètement au notariat. Bien sûr, cette analyse n’est pas sans risque, et l’on risque ainsi de scier la branche de la négociation, activité pourtant essentielle pour l’équilibre économique de nombreux offices.

 

Une vraie valeur ajoutée

Que penser de tout cela ? Si le notariat apporte dans son offre de services une vraie valeur ajoutée, il peut justifier des honoraires de négociation qui restent très compétitifs. Si l’on considère qu’une grande partie des transactions concernent des biens d’une valeur moyenne de 200 000 €, les honoraires représentent à peine un peu plus de 3,5 %. Il y aura toujours des clients pour faire confiance à des professionnels sérieux, la transaction immobilière est une opération trop importante pour être traitée à la légère. Nul doute que ce thème alimentera quelques conversations à la convention de La Palmyre !