Le Conseil des sages s’est réuni pour réviser le dictionnaire notarial. Faute de place, nous ne relaterons les travaux que partiellement. Ce mois-ci, nous publions la définition du mot “icône”.

Icône : Est-il terme plus moderne que ce nom féminin ? Un rapide coup d’œil vers son écran favori devrait en convaincre plus d’un ! De l’image sacrée du rite chrétien oriental, aux petits pictogrammes qui parsèment nos logiciels en passant par le symbole graphique “ayant un rapport de ressemblance avec la réalité à laquelle il  renvoie” des sémiologues, l’icône est partout… L’omniprésence du mot a engendré de nombreuses déclinaisons, parmi lesquelles l’iconolâtrie (adoration des images), l’iconologie (explication des images allégoriques), l’iconomaque qui combat le culte des images, sans oublier l’iconoclaste. Par extension, l’iconographie, qui était originairement la connaissance des représentations divines et humaines, a progressivement caractérisé également la collection de portraits d’hommes célèbres. La dérive s’est poursuivie jusqu’à dire d’une célébrité qu’elle est une icône (de la mode, du cinéma…). Dans le notariat, on peut ainsi, sans aucune hésitation ni contresens, dire : “Louis Reillier est une icône pour le notariat volontaire”. En revanche, et même si un couloir du Conseil Supérieur du Notariat présente la collection des portraits de ses anciens présidents (1), il serait inapproprié d’y voir une “iconographie” du notariat statutaire, car il leur manquera vite la célébrité… En douteriez-vous ? Etes-vous capables de citer les présidents du CSN qui ont, en leur temps, tenté de freiner l’enthousiasme (et c’est un euphémisme de bienséance) de l’Icône en devenir Louis Reillier ? NON ?! Nous en étions sûrs, CQFD ! Choisissez bien votre camp, nous accueillons tous les iconoclastes J

1. Sauf un…