C’était il y a un peu plus d’un mois. Le 3 janvier plus exactement. J’écoutais RTL. Jean-Marie le Guen était l’invité du Grand Jury. Il répondait aux questions d’Elizabeth Martichoux. Le secrétaire d’Etat chargé des relations avec le Parlement a fait un trait d’humour sur François Hollande qui “n’est pas notaire après la loi Macron”… Mon sang n’a fait qu’un tour. Et… HOTE

Convaincu que l’ironie est souvent teintée de vérité, moi, Gonzague Balthazar, j’ai aussitôt décidé de l’interviewer à la sortie du conseil des ministres…

Moi : Monsieur Le Guen, vous êtes docteur en médecine (spécialiste – à ce qu’il paraît – des voies digestives). Au début de votre carrière politique, vous fûtes rapporteur de plusieurs projets de loi, notamment de la loi Evin sur le tabac et l’alcool… N’avez-vous pas le sentiment de contredire votre engagement originaire en soutenant la loi Macron ?

J-M. Le Guen : Je ne vois pas vraiment le rapport…

Moi : Eh bien, en soutenant la loi Macron, vous contribuez à stresser des centaines de notaires et leurs collaborateurs, les poussant ainsi à consommer davantage de tabac et d’alcool…

J-M. Le Guen : Oh la la, c’est “perché” comme idée ! Emmanuel (Macron) est au contraire porteur d’une vision positive de l’avenir. Il représente une certaine forme d’optimisme et d’ouverture.

Moi : Vous avez pourtant ironisé, il y a peu, sur RTL, sur le fait que François Hollande, “c’est pas un notaire… surtout après la loi Macron, donc c’est quelqu’un qui vit” (1). Comment ne pas en déduire qu’un notaire après la loi Macron ne vit plus ?!

J-M. Le Guen : Il fallait considérer cette déclaration comme humoristique…

Moi : Vous êtes l’auteur de nombreux ouvrages : “Sauvons notre Santé”, “Obésité, le nouveau mal français”, “Retraites et vieillissement : pour un nouveau contrat social”… Après avoir été le chantre du corps médical, accepteriez-vous d’être celui des notaires ? Cela donnerait “Sauvez votre notaire avant qu’il ne soit trop tard”, “Finance et profit, le nouveau mal français”, “Retraites et vieillissement : contactez votre notaire”…

J-M. Le Guen : vous devriez contacter Sébastien Huygue à ce sujet !

Moi : vous avez appelé récemment à “une nuit du 4 août” pour le Grand Paris. Rassurez-nous, vous n’allez pas bientôt appeler à la Saint-Barthélemy notariale ?

J-M. Le Guen : Non, vous pouvez être rassuré ! Pour vous, je pencherais davantage pour “la nuit des longs couteaux” !

Moi : Fin juin 2014, la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique a publié les déclarations de patrimoine des ministres, ce qui vous a valu une “appréciation” pour sous-évaluation de vos biens immobiliers. Depuis, avez-vous fait réévaluer vos immeubles par un notaire, bref par quelqu’un qui sait compter ?

J-M. Le Guen : Non, mais tout cela, c’est de la faute des bases de données notariales car, sans elles, je n’aurai pas été redressé !

 Je m’apprêtais à lui répondre lorsque mon attention a été retenue par quelques notes de musique. J’ai reconnu la voix de Michel Delpech. Il était mort le 2 janvier, la veille donc, et RTL lui rendait un dernier hommage. Il chantait “Que Marianne était jolie”. Tout cela n’était qu’un rêve ; je m’étais assoupi en écoutant la radio…

Arnaud Hote