L’année avait démarré sur les chapeaux de roue et puis il y a eu un 1er coup de frein brutal en mars, puis un second fin octobre. Une situation inédite qui s’éternise et nous déstabilise. Comment les notaires ont-ils vécu ces derniers mois ? Quel est l’impact de cette crise sanitaire ? Vous avez été plus de 250 à répondre. Les résultats…

Confinement saison 1

Comment les notaires ont-ils vécu la situation ?
41 % ont bien vécu le 1er confinement
18 % pas bien du tout

Stressés ou pas  ?
Le confinement a mis le mental des notaires à rude épreuve.
68 % ont stressé.  D’abord à cause de la perte du chiffre d’affaires engendrée (pour 1 tiers du panel).
36 % évoquent ensuite la nouvelle organisation qu’il a fallu mettre en place et le surcroît de travail que cela a engendré. Enfin, beaucoup ont contracté le virus de la peur et avouent craindre la Covid (22 %).

Les habitudes de travail chamboulées
Le confinement lié à la crise sanitaire de la Covid-19 a subitement impacté les habitudes de travail.
71,7 % ont eu recours au chômage partiel.
72,5 % ont opté pour le télétravail.
Une étude dans l’Essonne indique avoir fermé son étude pendant la durée du 1er confinement. Certains évoquent un roulement de collaborateurs présents.

Études fermées, clients confinés : comment garder le contact ?
Le confinement a accéléré l’utilisation d’outils collaboratifs permettant d’échanger et de travailler ensemble. Parce qu’on n’avait pas le choix ! Depuis le printemps, le monde semble avoir basculé dans une autre dimension.
Pourtant 50 % indiquent avoir contacté leurs clients de manière classique soit par téléphone, soit par mail.
Cependant 41 % ont utilisé Lifesize, 17 % Whatsapp et 14 % Zoom.

La reprise : le télétravail et les nouvelles perspectives
55 jours de confinement national : c’est long ! Pourtant 12 % de notre panel n’avaient pas hâte que cela s’arrête !
Cependant 90 % des collaborateurs étaient heureux de revenir à l’étude. Cela est certainement dû au fait que le bureau reste encore un élément fort de lien social. Pourtant, la révolution du télétravail semble partie pour durer.
En effet, depuis ce 1er confinement, 35 % de notre panel envisagent de développer le télétravail. 

 

Marie-Christine Nayl-Delattre, notaire à Vannes (visionnaire !) précise “en vue d’un éventuel reconfinement et pour la souplesse qu’il apporte ! ” Cependant, ce type d’organisation n’est pas plébiscité par tous et Evelyne Beaume, notaire dans le Vaucluse, précise “Les clients ne se satisfont pas du télétravail, ils veulent du présentiel… rien ne remplace le présentiel ! “. 

30 % des collaborateurs ont demandé à faire du télétravail

La crise sanitaire a eu un autre impact. Elle fait émerger de nouvelles idées.
7 % envisagent de créer des services négociation.
57 % avouent travailler différemment. 

Une grande majorité évoque plus de télétravail et de visioconférence et une meilleure organisation au sein de l’étude.

Bilan du Confinement saison 1

58 % des sondés ont vu des points positifs à cette période. En tête sont évoqués le développement de la visioconférence et de l’acte à distance. Certains mentionnent la capacité à savoir s’adapter à une situation inédite quand quelques-uns ont apprécié avoir pu profiter un peu plus de leurs proches. Ainsi, ce notaire en Moselle nous confie avoir apprécié “à titre personnel, plus de moments en famille”.

36 % ont développé une vision différente de leur métier. De quelle manière ? D’abord en relativisant ! Maître Sevcik, dans le Gard, a pris conscience que “le travail n’est pas une fin en soi. Faire autre chose, autrement”. D’autres estiment que cela a créé une meilleure cohésion d’équipe et une optimisation de la flexibilité.

68 % comptent développer l’acte authentique électronique à distance (AAED) en visioconférence. Pour la plupart, c’est un formidable outil qui fait gagner du temps et donne une image moderne et “c’est l’avenir et la suite logique de l’AAE” (Marie Auboussu-Bignon dans le 22).

Et puis il y a les autres, plus réservés comme Maître Labour, dans l’Essonne,
“Le notaire doit rester au contact de ses clients. L’acte à distance doit rester exceptionnel pour des cas précis (clients à l’étranger ou ne pouvant se déplacer) “. 

Et enfin, ceux qui pensent qu’il est perfectible : “C’est un outil excellent mais qui doit être amélioré” (Maître  Frédéric Carcelle dans l’Aisne).

Et les instances dans tout ça ?

48 % estiment que les consignes des instances étaient contradictoires ;
44 % pensent que la communication était inadaptée ;
36 % n’étaient pas d’accord avec la fermeture des études.

 

Confinement saison 2

Comme une impression de déjà vu…

Après plus de cinq mois de déconfinement, le gouvernement procède à un nouveau confinement. Les notaires étaient-ils mieux préparés ? Le verdict…

68% vivent mieux ce 2e confinement 

Une grande majorité a le sentiment d’être moins confinée et d’être mieux préparée psychologiquement, certains parlent même d’habitude ! Mais surtout, les notaires continuent de travailler, le contact n’est coupé ni avec les collaborateurs ni avec les clients.

Et pourtant 32 % vivent moins bien la situation

D’abord parce qu’ils sentent les clients agressifs et vivent mal ce manque de visibilité.  Ils ne voient pas la fin de cette crise sanitaire. Ainsi Maître Mouette, dans le Calvados, se plaint d’un “climat délétère, d’un confinement non respecté des agences et de certains confrères”. Maître Noel, dans la Vienne, ajoute “Les directives données par les instances ne sont jamais claires. Pour mon secteur, les offices n’ont pas tous adopté les préconisations du CR et chacun applique sa propre ligne d’exécution du travail, d’accueil de la clientèle”. 

70% sont actuellement équipés en visioconférence

Pour ceux qui n’ont pas encore franchi le pas, c’est souvent en cours. Beaucoup évoquent aussi une question de coût trop élevé.

64 % estiment que le Notariat s’en tire bien par rapport à d’autres secteurs

Tout simplement parce que les études sont restées ouvertes. Maître Boussidan, dans les Alpes-Maritimes, confie “l’activité n’est pas arrêtée même si elle est ralentie en raison de la mission de service public”. Maître Frejaville, dans l’Aveyron : “Parce que nous avons beaucoup de dossiers de toute nature à traiter, et il est vrai que financièrement, on ne peut pas se plaindre.” Les plus pessimistes avancent d’autres arguments comme Maître Minguet “Lorsqu’il pleut, on ne passe pas au travers des gouttes bien longtemps”. 

À la question : Avez-vous le sentiment que les consignes du gouvernement et du CSN sont respectées ?

  • Totalement pour 30%
  • Partiellement pour 55% 
  • Non pour 15 %

Certains regrettent en effet le non respect des directives

“Beaucoup trop de confrères me paraissent continuer à recevoir des clients en présentiel au lieu d’utiliser les procurations, cela décrédibilise notre profession et va donner une image d’irresponsabilité” nous confie un notaire dans les Yvelines. Maître Gaillard, dans l’Isère, déplore que “certaines études appliquent à la lettre car cela les arrange économiquement de ne pas recevoir, car la rentabilité est bien meilleure lorsque les clients ne sont pas en face de vous à poser des questions. D’autres, dont je fais partie, utilisent pour certains actes les procurations, mais pour d’autres et notamment les avant-contrats, je continue à recevoir en présentiel car je pense que c’est important pour le client, mais au final je laisse toujours le choix au client.”