Les observateurs attentifs du notariat s’en rendent bien compte, l’unité n’est plus que de façade, et l’édifice se lézarde…

Des rivalités artificielles : 1816/2016,  Paris/province, urbains/ruraux, interpro/monopro  et, plus récemment, notaires/clercs, sont exacerbées par des annonces contradictoires, des stigmatisations ciblées. Le discours du CSN, construit sur des éléments de langage fournis (à grands frais) par des concurrents proclamés experts ou par des intrigants, ne contribue pas à rétablir la paix « romaine ».

S’il est une conclusion à tirer de ces deux années de guerre, c’est qu’une fois encore la tradition française a été respectée. Ligne Maginot, chassepot et bandes molletières ont été retenus par les « sages » de l’État-major. Les « Pères La Victoire » du passé nous enjoignent maintenant d’accepter les conditions de l’ennemi, de nous adapter au monde nouveau, quand bien même il faudrait y laisser notre âme et notre liberté…

Le rebond viendra du P.N.A., c’est un ordre ! En rangs serrés petits soldats, défilons fièrement pour montrer notre unité, notre enthousiasme dans la défaite ! Appliquons, à marche forcée, les bonnes idées de 40 anonymes cooptés !

Mais ces idées, tellement bonnes… N’étaient-elles pas, hier encore, pour un certain nombre, celles de ces « intolérables agitateurs » qui osaient se poser des questions quand tout allait bien, et tentaient de réveiller une profession endormie (pour une sieste digestive plus que du « sommeil du juste ») ?

Parmi ces idées « ébouriffantes » et qui vont sauver la profession, il en est une qui, à elle seule, devrait ouvrir les yeux de tous ceux qui pensent que le futur est un présent que nous fait le passé :

« Placer le client au centre de nos préoccupations« 

Le simple fait de devoir l’exprimer démontre que « la profession » ignore tout de l’exercice des « professionnels »

Mais alors, ces décideurs, ces génies qui nous gouvernent… Qu’en avaient-ils donc fait de leur client ? N’est-ce pas eux (qui rencontrent plus souvent les puissants que l’obscur notaire « mailleur territorial » de province) qui ont détruit le notariat ? Et si oui, les laisserons-nous, une fois encore, agir librement « pour notre bien » ? Eux qui ont à la fois si bien démontré leur inefficacité et expriment aujourd’hui leur mépris pour ceux qui seront les victimes directes des bouleversements en cours ?

Exif_JPEG_PICTUREDidier Mathy, rédacteur en chef