On continue tous à voir des pubs sensationnelles concernant les consultations gratuites faites par des confrères dans les cafés, bistros, et autres estaminets. Fort bien ! Mais ne devrait-on pas se poser quelques questions d’ordre tant “taquetique” que “tequenique”, qui ressortent d’évidence. Je vous en livre 4 en vrac…

Primo : dans le bistro, qui paye les consommations ? Si c’est le questionneur, ce n’est pas totalement gratuit pour lui, Unknown-1alors que c’est gratuit  pour le notaire, et payant pour le patron du bistro.

Deusio : qu’est-ce qu’on boit ? Si ce sont des boissons non alcoolisées, combien de temps le patron du bistro tolèrera-t-il qu’on accapare son local pour dépenser pas grand-chose ? Si ce sont des boissons alcoolisées, combien de temps la consultation du notaire est-elle fiable ? Ou plus exactement, au bout de combien de verres la voix du notaire devient-elle pâteuse ou au contraire stridente, sans préjudice de la rigueur induite de ses développements juridiques ou fiscaux ? D’autant que ledit notaire aura peut-être par la suite la réputation de “tenir le canon“…  Une partie de son public sera peut-être amenée à rechercher ultérieurement plutôt le “notaire abstinent” pour plus de sécurité. D’autre part, si les notaires ne veulent pas se brouiller avec la clientèle des patrons de bistro, ils doivent consulter tant tous les estaminets de leur ville ; s’ils y boivent des eaux plates ou pétillantes, çà fait éliminer, mais si on y boit du jaja ou assimilé, les notaire gonfleront vite les chiffres d’affaires du corps médical et de la pharmacie, grevant ainsi un peu plus le budget de la sécu !

Troisio :  le pékin qui aura pris l’habitude de voir son notaire au bistro ne sera-t-il pas déçu s’il le revoit dans son étude, en consultation “sèche” ? Le confrère aura peut-être intérêt à se doter d’un petit réfrigérateur agréablement pourvu ? Dès lors qu’est-ce qui nous empêche de réaliser nous-mêmes des consultations gratuites et arrosées dans nos bureaux ( au lieu de se commettre en public avec les risques évoqués au paragraphe précédent) ? Dans ce cas, la gratuité sera double pour le client : consultation et consommation gratuites.

Quatresio : si on a fait gratuit la première fois au café, et si on revoit la même personne plus tard dans son étude, faut-il continuer “gratos” au détriment du “coût réel et de la rémunération raisonnable ? Ou bien faut-il lui dire que “bon çà va comme çà !” ? Dès lors ce client ne risque-t-il pas d’être encore plus déçu par la profession que s’il avait payé dès l’origine ?

A vous de “phosphorer” le cas échéant sur d’autres points et d’autres cas de figure dans ce même contexte. Et rappelons-nous ce bon mot d’Eric Satie, qui paraît adapté à notre propos : “bien que ce renseignement soit faux, je ne vous le garantis pas !”.

Paul Marcy