Enquête express (et non représentative) réalisée auprès d’un panel de notaires répartis sur toute la France.LDN_516

  1. En cette période de crise, le CSN doit-il conserver le monopole de l’expression notariale ? OUI : 67 %

Une profession forte ne parle que d’une voix” explique Me Ballara-Boulet (Haute-Savoie). À défaut, gare à la cacophonie. Pour la majorité de notre panel, l’absence d’unité ferait le jeu des opposants au notariat.Il faut à un moment donné se ranger derrière le CSN, justifie un notaire de la Marne. Si nous sommes trop divisés, nous n’aurons aucun poids. Il est préférable que les diverses sensibilités s’expriment en interne“.

À noter : 33 % souhaiteraient qu’il soit laissé plus de place à d’autres organismes (structures traditionnelles notamment). Ils soulignent le manque de représentativité du CSN et son absence de transparence. Jacques-Edouard Giraud (Hérault) rappelle à ce propos que le syndicat des notaires est le seul mouvement représentatif juridiquement du notariat.

2. L’émergence de nouveaux courants est-elle une bonne chose ? OUI : 79 %

Selon notre panel, ils permettent de “bousculer la profession, mais aussi de “sortir de la pensée unique et de la pyramide structurelle des instances”. “Leur créativité fait émerger de bonnes choses“, constate Olivier Thinus qui donne l’exemple du Conseil du coin. “C’est une bonne opération de communication” dit-il. De l’avis quasi général, les “nouveaux courants” expriment la vitalité et le dynamisme de la profession. Leur présence sur les réseaux sociaux, leur réactivité les rendent incontournables.

3. Les organismes “traditionnels” remplissent-ils leur rôle ? NON : 54 %

Quasiment muettes sur les réseaux sociaux, les structures “traditionnelles” peinent à toucher les plus jeunes notaires. Dans les Bouches-du-Rhône, l’un d’eux les décrit (imagine) “figées dans des idées préconçues“. Leur manque de réactivité en cette période de crise ne plaide pas en leur faveur. “Ils ne sont pas assez actifs” lit-on ici et là. “Nous ne savons pas quelles sont leurs actions” déplore un notaire du Bas-Rhin. “Les mouvements traditionnels, constate un de ses confrères, n’ont pas fait parler d’eux lors de la réforme. Le Conseil du coin, Res notaria ou l’ASPN se sont mobilisés, eux !“. Enfin, beaucoup leur reprochent d’être “trop soumis au CSN“. Leurs défenseurs (46 %) sont souvent sympathisants de l’une de ces structures. Pour eux, elles sont force de propositions, “les meilleures idées sont reprises par le CSN“. “Les organismes traditionnels ont le mérite d’être le grain de sable qui permet de soulever, parfois avec humour, ce qui ne va pas” commente Me Ballara-Boulet, adhérente au MJN et au syndicat. Même ressenti pour son confrère du Haut-Rhin : “À l’instar de Notariat 2000, elles servent de poil à gratter“. Jacques-Edouard Giraud, adhérent à l’UGNF-SNN, déplore le manque d’implication de ses confrères. “Le syndicat manque de membres (notamment de jeunes notaires) pour jouer pleinement son rôle. C’est pourtant un outil extraordinaire !“.

4. Connaissez-vous ?                     

  • Association sauvegarde du notariat (ASPN) =>  OUI 54 %
  • Res notaria => NON 71 %
  • Le conseil du coin = >OUI 96 %
  • Association Jeunes notaires de France => OUI 58 %
  • MJN => OUI 62 %
  • UGNF-SNN-syndicat national des notaires => OUI 50 %
  • Syndicat des notaires de France (SNF) => OUI 62 %

5. Selon vous, y a-t-il des tabous dans le notariat (si oui lesquels) ? OUI : 92 %

C’est une question volontairement ouverte que nous avons posée à notre panel. Les réponses s’organisent en 6 grandes familles

  • Tabou n°1 : le revenu et l’attitude de certains (gros) notaires qui ne veulent pas partager le gâteau en s’associant…
  • Tabou n°2 : la non confraternité, souvent liée aux différences de situation de notaires (grosses/petites études ; parisiens/provinciaux, ruraux/urbains)
  • Tabou n°3 : les modalités d’élection dans les instances professionnelles, ce qui pose la question de leur représentativité…
  • Tabou n° 4 : le manque de transparence dans les cessions d’offices (prix, modalités, choix des candidats) et d’une façon plus générale, le manque d’ouverture de la profession vis-à-vis des jeunes.
  • Tabou n° 5 : le tarif et le “conseil gratuit”
  • Tabou n° 6 : les inspections… parfois peu objectives.