Petit Papa Noël, puisses-tu, cette année, s’il te plait, réussir là où ça a foiré toutes les années précédentes.

Petit Papa Noël, merci de bien vouloir rendre les confrères toujours plus frères et toujours moins c…. Sans doute sera-t-il utile de :

  • déposer le règlement national au pied de quelques sapins,
  • saupoudrer quelques esprits malins d’un poil d’intelligence,
  • distribuer quelques doses de bon sens,
  • enrubanner de lourdes et belles doses de respect,
  • semer un peu d’amour et de bonheur dans tout le bazar ambiant.

Nous pourrions ainsi (enfin) recevoir des projets en temps raisonnable avant les rendez-vous prévus. Nous cesserions d’être harcelés de mails urgents réclamant pour dans deux heures la copie d’un plan annexé à un acte antédiluvien. Nous n’aurions plus à fournir une liste non-exhaustive de pièces aussi inutiles qu’idiotes (à quand le carnet de vaccination des chiens et chats de tous les occupants de l’immeuble ? ) à un confrère bourru qui ne sait pas pourquoi il demande tout cela mais bon « on a toujours fait comme ça alors c’est bien qu’il y a une raison et de toutes façons sans tout ça on ne signe rien ! ». Nous pourrions retrouver des rendez-vous sereins dans lesquels seul compte le dossier, loin de certains bureaux qui aujourd’hui ressemblent à des prétoires.

Petit Papa Noël, merci d’offrir à nos instances quelques rudiments d’une notion si simple mais tellement oubliée, née en Grèce il y a quelques millénaires.

Elle propose simplement au peuple de prendre les décisions qui le concernent directement. Mais il faudra du coup offrir au peuple notarial l’envie de s’impliquer plus, en lui faisant comprendre que les décisions du moment auront un impact sur la profession du futur. Remplacer les clercs habilités par une batterie de notaires salariés éteint le feu du moment, mais sera demain la cause de nouveaux sinistres. La règle du 1 pour 1 semblait si simple à mettre en place, dommage que nous n’ayons pas été consultés… Je ne sauverai pas mon étude avec un jeu de sept familles – que je n’ai d’ailleurs pas reçu -, la négociation, la visio-conférence ou l’ouverture d’un service successions internationales. La relation au client est depuis le début de ma prise de fonction une notion essentielle : le client est rappelé, choyé, materné. Les projets d’actes partent avant que les rendez-vous ne soient fixés. Je dis « bonjour », « au revoir » et « merci ». Je réponds en temps utiles aux appels et aux courriers. Je reçois les clients et signe devant et avec eux. J’aimerai donc que ma voix puisse compter, que l’on me consulte, que l’on daigne enfin se pencher sur une réforme profonde de notre mode d’exercice, de fonctionnement et de rémunération. On ne partage aucun gâteau en remplaçant un salarié habilité par un notaire salarié. On ne règle aucun problème. Mais les gros continuent à l’être, qu’importe le sort des petits et du maillage maintenant qu’il est acquis qu’il ne peut plus être un argument face à des politiques obtus et déconnectés de toute réalité pratique et économique… Il est sans doute temps d’ouvrir un vrai débat.

Petit Papa Noël, merci de frapper nos hommes politiques et gouvernants de tous bords du sceau de l’intelligence et de l’intérêt du peuple.

Notre président, qui a oublié d’être bête et qui sait remercier les riches soutiens qui l’ont élu, s’assoit tranquillement sur ses promesses de campagne. Il va tuer la proximité au nom de ses idées ultra-capitalistes, et la justice avec elle. Je souhaite rester un magistrat de l’amiable et je n’ai rien contre le fait d’exercer mes missions de service public. Je voudrais juste que l’on me donne les moyens de le faire sereinement. Il n’y a qu’une poignée d’abrutis pour estimer que cinquante euros est une rémunération décente tout en rabotant plus encore la rémunération d’autres actes pourtant déjà instruits et reçus à perte. Un poil de bon sens ne leur ferait sans doute pas de mal non plus. Faute d’en avoir encore en stock, il pourrait utilement être remplacé par l’expérience. Celle du terrain. Ou l’ouverture. Celle qui permet de ne pas voter aveuglément des lois sans en connaître pleinement tous les tenants et les aboutissants. Ou plus sûrement encore l’humilité. Celle qui permet de ne pas croire que l’on sait tout, que l’on a raison sur tout.

Et puis surtout, surtout, petit Papa Noël, merci de nous apporter la paix dans le monde.

Avec des gens moins idiots, moins sûrs d’eux, qui cessent de penser qu’ils n’ont que des droits et aucuns devoirs. Qui redeviennent polis. Qui ne pensent plus tout savoir parce que Google leur a dit. Qui perdent leur aigreur et leur agressivité. Qui apprécient ce qu’ils ont au lieu d’envier ce qu’ils n’ont pas. Qui se donnent les moyens de réussir leurs projets, d’élever leurs enfants, de partager leur savoir et leurs biens, d’aider leur prochain.

Mais, petit Papa Noël, si par hasard tu ne fais pas dans les miracles ou que plus personne ne veut croire en toi, alors contente-toi s’il-te-plait de semer en chacun l’esprit de Noël originel. Celui qui invite à l’humilité et aux yeux d’enfants. Qui nous pousse au meilleur. Qui nous parle de partage, de bonheur et de paix.

Joyeux Noël !

 Rémi Vibrac, notaire à Riez (04)