La communication, tout le monde en parle ! Mais est-elle, pour autant, au rendez-vous, malgré la multiplication des moyens de communication ? Que reste-t-il de l’écoute et de la parole ? En un mot, des fondamentaux d’une vraie communication ? Retour aux sources, du côté de Pompadour (Corrèze), d’où tout est parti…

La communication notariale est née à Pompadour, il y a une soixantaine d’années, avec Louis Reillier. C’est lui qui a donné le coup de pied dans la fourmilière du notariat et de ses structures figées. Notre confrère corrézien exerçait sa profession comme un sacerdoce, “sans soucis de gloire ou de fortune”. Visionnaire, sans aide ni subvention, il a, notamment, lancé une revue corporative “Pompadour Jeune Notariat” en 1956, puis créé, avec un groupe d’amis, le “Mouvement Jeune Notariat” (MJN), avant de mettre en place “Informations notariales pour tous”, l’ancêtre de “Conseils”. Le coup de tonnerre déclenché par le Rapport Rueff-Armand (sur les “professions fermées”), datant de 1959, fit prendre conscience, au dernier carré de récalcitrants, de la nécessité d’une évolution… Et, c’est avec la création des premières SCP notariales, après la loi de 1966, que le notariat a entamé sa longue régénérescence. Quant à la revue Notariat 2000, fondée également par Louis Reillier en 1972, elle suscita d’emblée (et elle suscite toujours) un puissant mouvement militant pour une meilleure adaptation de la profession aux réalités, aux besoins de la société contemporaine. Par ailleurs, la Conférence du Plan, véritable laboratoire national de recherche d’idées, prit un envol extraordinaire, en particulier sous l’impulsion de Gérard Julien-Saint-Amand, successeur de Louis Reillier au MJN. La communication d’alors reposait sur des noms. Notamment, Sylviane Plantelin, Olivier Goussard, Bernard Monassier, Michel Bignon, Pierre David… C’était une brochette de meneurs passionnés, dans un univers professionnel dont il fallait souligner les richesses, tout en chassant les pesanteurs. Puis, le cercle des pionniers s’est élargi…
Le défrichage des années 70

En tête de cette reprise en main, la Chambre de Paris a mis en place, en 1977, une journée de réflexion, à destination des collaborateurs pressentis pour s’installer. Elle s’est appuyée sur les réponses du public, interrogé sur l’image du notaire, pour réfléchir sur la “nécessité pour la profession de mieux répondre aux besoins actuels du public et insérer d’avantage le notariat parisien dans la vie économique de la nation”. En cette période de défrichage et de bouillonnement, il était encore possible d’émettre un avis et d’être écouté ; le politiquement correct n’avait pas encore étouffé les échanges. Au début des années 80, les Conseils régionaux montèrent en puissance par le canal de la communication, après avoir détecté les confrères les plus motivés. En recrutant des délégués régionaux et départementaux, avec des formations appropriées. Et pas mal de souplesse, que ce soit pour la durée des délégations et les missions de chacun. En 1985, “l’entreprise du 3e type” et la qualité étaient, déjà, au menu des discussions, avec une alternative : progresser ou disparaître !

Et aujourd’hui ?

Où en sommes-nous aujourd’hui en matière de communication institutionnelle ?
Notre communication apparaît comme parfaitement huilée et professionnelle.  Elle est, désormais, à sens unique (les directives partent du sommet). Elle est devenue la source et l’expression du véritable pouvoir. Elle tient le politique en l’état. Les assemblées ressemblent à des salles de réveil. Elles se sont couchées face à l’omniprésente “pensée unique”. A Notariat 2000, le panel des lecteurs ne répond plus que sous le sceau de l’anonymat. L’hébétude est le plat du jour. C’est le triomphe d’un pouvoir qui n’en demandait pas tant. Remémorons-nous l’incroyable conservatisme des participants à l’Assemblée de liaison 2011 (1) réclamant le maintien de l’auto-censure, face à un CSN qui ne demandait qu’à évoluer ! A coup sûr, si nous ne réagissons pas, c’est le “meilleur des mondes” (2) notarial assuré, pour les temps  à venir… Un nouveau souffle est indispensable : il faudra bien qu’il reparte, naturellement, de la base ! Pourquoi pas une candidature libre, pour l’AG de mai, par exemple… N’est-il pas urgent de revenir aux fameux fondamentaux ?