J’ai fait un rêve…

La crise économique m’ayant laissé un peu plus de temps que de coutume, mais aussi un peu moins d’argent, je décidais d’écrire un livre. C’était une bonne occasion de combler mon agenda et, accessoirement, mon porte-monnaie.

 

Peu imaginatif et ne connaissant bien que ma profession et mes confrères, il me vint naturellement l’idée d’écrire sur les notaires. C’était vendeur et, pour peu que je parle d’argent et de secrets, j’étais sûr d’avoir les gros titres de la presse.

Afin de ne pas m’attirer les foudres de mes congénères, j’empruntais tout d’abord un pseudonyme. Puis je me mis au travail. J’enquêtais, me renseignais, créais mon réseau « d’indics », vérifiais mes sources, infiltrais les instances disciplinaires tout en restant discret.

Pour les besoins de la rédaction, je pris quelques jours de « vacances » que je passais enfermé chez moi, devant mon ordinateur… qui arborait une inamovible page blanche.

Je me rendis vite compte que la tâche allait être beaucoup plus rude que je ne l’imaginais.

J’eus alors l’idée de payer un « nègre ». Il me suffisait de le trouver parmi quelques transfuges dégoûtés du notariat. J’étais sur le point d’appeler Mme Néron pour qu’elle m’ouvre son carnet d’adresses lorsque je m’aperçus que mon idée était déjà prise. Un avocat venait de publier le livre sur les notaires que j’aurais tant aimé commettre. Et l’ouvrage était déjà au Top 5 des meilleures ventes !

C’est alors que j’eus l’idée géniale d’adapter le livre aux avocats, en le recopiant intégralement, mais en remplaçant systématiquement tous les noms par ceux d’avocats de France et de Navarre. Pour attirer le chaland et créer le « buzz », je le publiais sous le titre « Avocats de grands chemins ». C’était le succès assuré…

Et je me suis réveillé.