Le compte à rebours a commencé pour l’équipe du prochain congrès du Mouvement Jeune Notariat. Dans moins de deux mois, le Président Christian Bernard, notaire à Jouy-en-Josas, et son rapporteur général Gregory Betta, notaire à Allauch, entraîneront près de 300 congressistes à Loutraki (Grèce) et plancheront avec leur équipe de rapporteurs sur « le notaire dans la famille du 3ème millénaire »…

N’en déplaise à certains, c’est un excellent millésime que nous promet du 17 au 22 octobre prochain la 37e édition du congrès MJN. « Ce sera un beau congrès, ouvert sur la Méditerranée, mais aussi sur l’Europe » ! nous promet Christian Bernard, son Président. « Nul doute que la famille du 3e millénaire y trouvera ses racines ! ».

La qualité des intervenants dans les deux commissions y est sans nul doute pour beaucoup, mais le sujet même du congrès, malgré un intitulé un peu « lisse », a également de quoi séduire et pourrait alimenter des débats animés.

Cela devrait être notamment le cas dans la seconde commission intitulée « Le choc des familles » car l’équipe entend bien ne pas faire l’impasse sur la famille homoparentale. « L’homoparentalité existe dans les faits, c’est une réalité, explique Céline Vilain (Paris), rapporteur de la seconde commission, mais il y a bien un vide juridique ». Afin d’apporter de l’eau à son moulin, Céline Vilain n’a pas hésité à rencontrer des personnalités engagées dans la vie politique et associative (les entretiens seront diffusés lors du congrès), dont Jean-Luc Romero, président fondateur de l’association « Aujourd’hui Autrement », conseiller régional UMP d’Ile de France.

 

La famille homoparentale, une réalité

Interrogé sur le « Pacs », Jean-Luc Romero a estimé qu’il n’était pas suffisant. « Aujourd’hui le Pacs répond à un certain nombre de situations car le mariage homosexuel n’est pas autorisé en France ». Il a toutefois estimé qu’il devait être conservé car cette nouvelle forme de conjugalité, créée en 1999, convient à une frange de la population non désireuse de se marier, qu’il s’agisse de couples homosexuels ou hétérosexuels. Sur le plan pratique, il a toutefois regretté qu’un aspect plus solennel ne lui soit pas conféré, en permettant par exemple que l’engagement soit fait en mairie et non dans un Tribunal, ce qui lui donne une connotation particulière. En matière d’union homosexuelle, le Président d’Aujourd’hui autrement n’est pas favorable à la création d’une nouvelle institution propre aux homosexuels, qui se rajouterait au Pacs ou au mariage (un peu à l’instar du partenership anglo-saxon). L’exemple du schéma espagnol (qui autorise à la fois le mariage et l’adoption) lui paraît mieux répondre aux attentes des homosexuels. Enfin, abordant la question de l’adoption, Jean-Luc Roméro a précisé qu’il ne s’agissait là que d’un des points de l’homoparentalité car il existe aujourd’hui de nombreuses familles homosexuelles qui ont des enfants. Pour lui, l’heure a sonné de donner « plus de visibilité » à l’homosexualité et aux familles homoparentales qui sont une réalité (« Plus on en parlera, plus les choses avanceront et plus le regard des autres changera ») et de lever les hypocrisies. Ainsi, la loi autorise un célibataire à adopter, même si dans la réalité, la délivrance de l’agrément est difficile à obtenir. Dès lors, pourquoi ne pas autoriser l’adoption dans le cadre du Pacs et du mariage ? N’est-ce pas la logique de l’universalisme ? « L’amour de parents homosexuels est aussi valable que l’amour d’hétérosexuels », a-t-il conclu. Dans la société d’aujourd’hui, la famille homoparentale n’est pas moins légitime que les autres types de familles.