Nos confrères s’intéressent peu à notre Caisse de retraite autrement que par le biais du chèque qu’ils émettent en activité et celui qu’ils touchent à la retraite. L’annonce d’un déficit de 86 millions d’euros en 2011 et un faible rapport démographique (2 actifs pour un retraité) ont pourtant fait l’effet d’une “bombe à retardement” chez certains d’entre eux. Qu’en est-il exactement ? État des lieux.

 

Les statuts de la Caisse de retraite lui imposent de placer, au minimum, 34 % de ses réserves en obligations et 20 % au maximum en immobilier. Les errements boursiers à yoyo, en baisse en 2011, sont connus. Ils ont été bien contenus si on les compare à l’excédent de l’année précédente : 122 millions d’euros de bonus contre 86 millions d’euros de malus… Rien de bien dangereux ! La démographie retient la vigilance constante de la Caisse de retraite. Ses statistiques sont de mieux en mieux affinées et elle attend de pied ferme le pic annuel (le fameux “papy boum”) en voie de régression. Ainsi, nous ne sommes voués à aucune menace ! De catastrophe à l’horizon : point ! Au contraire, nous devons rendre hommage aux prédécesseurs de notre Caisse qui, depuis plus de 60 ans, tissent patiemment un matelas amortissant les aléas : 1 milliard 700 millions d’euros bien placés, tant en immobilier (principalement au cœur de Paris) qu’en produits de taux sans risque (à très faible rendement, mais pour le moment !).

 

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Le défi de l’information

Le questionnement d’un de nos lecteurs (1) nous renvoie à la qualité de l’information et surtout à sa perception par le lecteur. Les compétences éminentes de notre directeur Louis Peponnet orientent les messages délivrés par la Caisse à la profession vers un exposé précis des faits et chiffres. Certes, on peut regretter un déficit de commentaire. Cependant, il faut noter que le rapport très complet, sur 24 pages, contient toutes les réponses à toutes les questions… pourvu que les 24 pages soient lues ! Mais n’est-ce pas trop demander à un actif surbooké  ? Alors que faire ? L’information donnée et celle reçue se présentent fragiles sur un seul fil. Avec la version abrupte des faits et chiffres, le lecteur n’extrait que la portion congrue de ce qu’il souhaite ou redoute. Son côté plaisant, débarrassé de toute aspérité, offrirait une synthèse avenante et facile : “voilà ce que vous devez penser : tout va bien… Tout va très bien, etc.”. Quoi qu’il en soit, l’information délivrée par la Caisse de retraite, même si elle a fait depuis 10 ans des progrès significatifs en transparence, reste difficile à digérer car technique et pleine de chiffres inévitables. Elle doit être améliorée dans sa forme plus que dans son contenu, irréprochable mais peu accessible au notaire, dévoré par le chronomètre et englué dans le formalisme.

 

Pas de panique !

Tentons une synthèse en questions-réponses. • Notre Caisse de retraite est-elle en danger potentiel ? La réponse est “non”, sans le moindre doute. • Notre Caisse de retraite a-t-elle des “soucis” ? La réponse est “oui”, mais absolument pas du type de l’apocalypse redoutée par certains. Bien sûr, la Caisse peut et doit évoluer. Nos élus et permanents y travaillent sans relâche. Il faut cependant clarifier, donc simplifier. Les problèmes sont archi-connus, certes difficiles, mais bien maîtrisés. Les moins aisés à traiter sont ceux qui avancent masqués et viennent de l’extérieur. Ainsi en va-t-il pour l’ensemble de la profession soumise à un statut aux mains du “prince”. Celui de la Caisse n’est pas tant place Vendôme qu’aux affaires sociales. Cette tutelle en vaut une autre, ni plus ni moins ! Dans ce domaine, à côté de la compétence dont les équipes ne manquent assurément pas, il faut (et elle l’a !) une direction avisée en pleine capacité de protéger et préserver l’essentiel de nos retraites. En 12 ans de présence au sein du conseil élu, je peux en témoigner simplement et sereinement, mais comment bien communiquer sur ces impondérables ? Amis lecteurs, vos suggestions restent toujours les bienvenues !

1. Cf courrier des lecteurs paru dans Notariat 2000, septembre, n°531, page 34. 2. Jean-Claude Bigot a été administrateur de la Caisse de retraite jusqu’en juillet dernier.