Pompadour, cité du cheval, mais aussi terre de négociation immobilière notariale, a accueilli les 30 et 31 mars dernier, au Club Med’, la convention négo du Groupe Notariat Services. Un rendez-vous incontournable qui fêtait cette année ses 20 ans d’existence !

À Notariat Services, on ne badine pas avec la négo. C’est un “dada” auquel on croit dur comme fer et on a le credo contagieux ! Les notaires négociateurs ne s’y sont d’ailleurs pas trompés ! Ainsi, fin mars, une vingtaine de “délégués notaires” ont participé à la traditionnelle “convention négo”, organisée tous les deux ans, par le leader du gratuit immobilier notarial. Pendant deux jours, fidèles de la première heure (Gérard Maridet, Olivier Cauet, Jean-Bernard Prévost, Jean-Paul Le Port…) et porte-parole de nouvelles éditions (Yann Legros, Me Sourdille-Renaud…), habitués des rencontres (Alain Amelot, Eugène Carchon…) et nouveaux venus (Me A.-F. Crochu-Mehouas…) ont fait le point sur la vie de leur journal, échangé leurs expériences et pris un vrai “bol de négo”. “On vient ici apprendre et retirer de bonnes idées” a expliqué Jean Demougeot (Doubs). “Venir à Pompadour m’a conforté dans le chemin que j’essaie de tracer dans la négo” a témoigné Vincent Barnieras (Dordogne), « c’est comme un pèlerinage, on revient, on croit aux miracles !” a rebondi Thibault Sudre (Gironde)…

 

37 éditions en 2007

Fort d’un peu plus de 60 millions d’exemplaires par an, le Groupe Notariat Services est numéro 1 du gratuit immobilier notarial. Il édite aujourd’hui 37 journaux gratuits répartis sur 47 départements (contre 20 éditions sur 15 départements pour la concurrence). Le premier “gratuit” du Groupe (“Notaires 44”) est né le 23 septembre 1985, sur Nantes, avec le concours de Guy Anizon (Loire-Atlantique). En 2005, le Groupe comptait 31 journaux répartis sur 38 départements. En 2006, 5 journaux supplémentaires sont entrés dans le giron de Notariat Services. Depuis février, “Notaires 33” a vu le jour…

 

Y’a pas photo !

“Le poids des mots, le choc des photos”. Chacun de nous se souvient du slogan d’un célèbre magazine d’informations. En matière de négociation immobilière, c’est un peu la même chose : sans photo, le texte perd de sa force et n’attire pas le lecteur. Pourtant, “certaines éditions passent peu de photos” a déploré Jérôme Bordes, Directeur général du Groupe Notariat Services. Est-ce par crainte de la concurrence ? Quelle qu’en soit la raison, il s’agit là d’un constat regrettable car, comme l’a souligné Me Jean-Paul Le Port (Morbihan), “on a intérêt à mettre le bien en avant pour vendre”.

 

La valeur ajoutée des gratuits

“60 % des clients qui nous contactent le font grâce à internet”. Pour Vincent Barnieras, notaire convaincu et convainquant, les clients de demain auront le réflexe internet et l’heure a sonné pour le notariat de prendre vite, très vite, le virage des nouvelles technologies. Pour autant, le support-papier ne doit pas être relégué aux oubliettes. “Avec internet, on touche l’acheteur, avec le gratuit, le vendeur” a d’ailleurs constaté Thibault Sudre. De son côté Pierre Duny, PDG du Groupe Notariat Services, a insisté sur le fait que les gratuits ont une valeur ajoutée avec les articles d’informations notariales. En effet, si la recherche se fait sur internet, les gratuits permettent de toucher les personnes qui ne sont pas en recherche et d’assurer la communication du notaire. Un besoin crucial car, comme le faisait remarquer Jean-Bernard Prévost (Cher) “beaucoup de personnes ignorent encore que le notaire négocie”. “Le journal permet de rentrer chez les gens” reprenait un de ses confrères.

 

Négocier oui, mais pas seulement…

La négo est-elle en odeur de sainteté ? La question, somme toute assez innocente, divise. Pour Alain Amelot (Finistère), “les choses ont changé et évoluent dans le bon sens” ; pour d’autres, “négocier est encore mal perçu”. Il faut négocier, mais discrètement… Une tartufferie notariale qui a le don d’agacer Eugène Carchon (Charente-Maritime) : “Je suis énervé par cette notion d’accessoire. Pour moi, la négo, c’est du notariat pur, c’est satisfaisant pour tout le monde et c’est du vrai bonheur quand c’est bien fait !”. Plus modéré, mais tout aussi enthousiaste, Paul Gaud (Ain) se dit confiant en l’avenir : “Nous sommes de plus en plus nombreux à découvrir qu’il faut se diversifier ; le notariat est armé pour aller sur le marché de la négo. Je pense que cette greffe prendra…”. En phase avec ce constat (“Le notariat est encore plus fort dans la négo”), Jean-Louis Guérineau (Sarthe) estime toutefois que “la négo va de pair avec l’expertise” et qu’on ne peut pratiquer l’une sans l’autre. Même constat pour Thibault Sudre (Gironde) : “La négo doit être un service complet, avec en amont l’expertise et en aval, la gestion éventuelle du bien”. Et de témoigner de son expérience depuis qu’il a ouvert au sein de son étude un service gestion-location : “Cela nous a permis de faire venir des jeunes à l’étude et de toucher une autre frange de la population”.

 

Quelle stratégie immobilière pour les banques ?

Quelles sont les implications des banques dans l’immobilier et quelle est leur stratégie ? Pour le Professeur Bernard Thion, dont nous publions régulièrement dans Notariat 2000 la tendance Immonot – tendance d’ailleurs largement reprise par la presse -, il n’y a pas péril en la demeure ! Il a tout d’abord expliqué que les banques s’investissent non seulement dans la promotion, mais prennent des actions de participations au niveau des bureaux d’études et des entreprises (financement à court terme, prêt pour achat terrain, crédit revolving pour la construction). Elles prêtent également à long terme aux acquéreurs. Un marché qui a été fructueux jusqu’à présent, mais qui les incite aujourd’hui, pour garder des taux intéressants, à rallonger la durée des prêts. Ainsi, après le courtier Cafpi, qui vient d’annoncer la commercialisation d’un crédit immobilier de 50 ans, c’est au tour de l’UCB de lancer un crédit à taux révisable à échéances constantes sur 40 ans. “La stratégie des banques est tous azimuts, explique le Professeur Thion, elle passe par le secteur des ventes et de la négo”. Un peu partout, des agences ont été rachetées : en 2004, la BNP Paribas a créé 24 “espaces immobiliers” ; en 2005, le Crédit Agricole a lancé la marque Square Habitat, menant une politique de rachat offensive sur tout le territoire ; en 2006, la Banque Populaire a racheté le réseau Foncia et Nexity a acquis les réseaux Guy Hoquet et Century 21. En 2007, l’Écureuil et la Caisse des dépôts se disputent Lamy. Toutefois, pour Bernard Thion, les banques cherchent surtout “des niches” qui leur rapportent et veulent simplement profiter de la fin du cycle immobilier. Un avis qui n’a pas totalement rassuré nos délégués, certains craignant que le loup ne soit déjà dans la bergerie et que les banques s’engouffrent sur le terrain du juridique et du conseil, offrant ainsi une sorte de “full service”. La BNP n’a-t-elle pas déjà des conseillers notaires ?…

 

Le défi internet

Internet est devenu incontournable. C’est ce que nous a démontré François-Xavier Duny, directeur général adjoint du Groupe Notariat Services. Surfant de site en site, il nous a tout d’abord présenté les sites immobiliers traditionnels (seloger.fr, topannonces.fr ou encore annoncesjaunes.fr) et le site étranger Bluehomes qui a la particularité de récupérer des annonces partout en Europe, avant de faire le point sur un nouveau phénomène : “les meta-moteurs”. Ces “sites-aspirateurs de pages” sont des moteurs de recherche spécialisés dans l’annonce immobilière, et ont une bonne visibilité. C’est le cas de viteloge.com et abonim.com, deux sites avec lesquels Notariat Services a signé un partenariat, ce qui permet de toucher plus de 1 million d’acheteurs potentiels chaque mois. Puis revenant sur le site immonot.com, François-Xavier Duny a présenté les nouveautés dont le site a fait l’objet avec en particulier « la géolocalisation » qui permet à un internaute d’élargir sa recherche dans un rayon déterminé autour d’une commune donnée. Il a notamment insisté sur le fait que le négociateur peut accéder aux statistiques de consultation de chacun des biens (il suffit de taper la référence de l’annonce) et connaître ainsi le nombre de fois où il a été consulté en détail par les internautes. Il s’agit là d’un véritable outil de gestion pour le négociateur. D’autres chantiers sont en cours : envoi des annonces via SMS avec photos, visite virtuelle… Enfin, le Groupe Notariat Services travaille actuellement sur les “journaux numériques”, l’objectif étant d’adresser numériquement chaque édition, avant sa distribution en boîte aux lettres, aux clients des notaires annonceurs du département.