Le Conseil des sages s’est réuni pour réviser le dictionnaire notarial. Faute de place, nous ne relaterons les travaux que partiellement et ne publierons qu’une définition de mot par numéro.

 

Traîner : Verbe typiquement attaché à la profession de notaire dans l’inconscient collectif. Le notaire traîne toujours, les affaires traînent en longueur… Cette réputation est-elle méritée ?

Si l’on s’en tient au sens premier “tirer derrière soi”, il n’y a aucun doute ! Pour parvenir à l’équilibre du contrat, il faudra souvent traîner le poids des non-dits, des rancœurs, mais aussi celui d’une législation toujours plus complexe, sans parler du poids des règles et techniques professionnelles. Si l’on entend le mot au sens d’”emmener partout avec soi”, nul doute ! Le notaire traîne toujours avec lui le poids de sa fonction. Elle lui interdit les écarts de conduite qu’on pardonnerait au commun des professionnels. Depuis peu, il traîne également sa clef R.E.AL., son clone électronique qu’il ne devrait jamais abandonner.

Si le sens est celui de “pendre jusqu’à terre”, ou, dans la forme réfléchie “se traîner par terre”, il est vrai que les notaires sont rarement dressés face à l’adversité, plutôt soumis, trop ancrés dans le sol…

Reste le dernier sens, celui que nous prête la rumeur : faire durer, éterniser. Le notaire traîne-t-il ? Oui, le notaire traîne, mais comme une locomotive qui aurait à déplacer le poids des vies de ses concitoyens. Et il est bien rare qu’il trouve le temps de traîner dans la rue ou dans les cafés ! Et pourtant, le notaire est souvent “traîné dans la boue”. Il suffit pour s’en convaincre de lire les contributions des “haters” (ceux qui détestent tout) sur les forums relatifs à un écart de conduite notarial…