J’ai fait un rêve…

J’étais enfermé avec 115 hommes, tous vêtus de la même façon. Au balcon, un grand dais rouge avait été installé.
Sans contact avec le monde extérieur, dépourvus de téléphone portable ou de tout autre moyen de communication, nous étions réunis dans un seul but : élire notre guide suprême ! Seule l’élection de l’un d’entre nous pourrait mettre fin à cette réclusion.
Les discussions allaient bon train.
Collations et rafraichissements avaient été prévus. Des endroits pour se reposer avaient également été aménagés au cas où l’élection durerait trop longtemps…
Certains, parmi nous, craignaient d’être élus. D’autres en rêvaient secrètement, mais n’osant l’avouer, faisaient mine de ne pas être intéressés. Enfin, quelques-uns affichaient clairement leur souhait d’être élu à la plus haute fonction.
Les tractations précédant le suffrage ne faiblissaient pas.
Certains tentaient de promettre des postes clefs en échange de voix qui leur permettraient de remporter l’élection. D’autres tentaient d’user de liens plus ou moins occultes pour tenter de créer des alliances destinées à faire élire celui qui pourrait leur apporter le plus d’avantages en retour.
L’ambiance était très étrange. Enfin, l’élection eut lieu. Je m’attendais à voir une fumée blanche sortir de la cheminée avant la proclamation sur le balcon orné de pourpre.
Soudain, au lieu d’entendre “habemus papam”, quelqu’un proclama : “habemus novi presidentis !”. Et d’annoncer le nom du confrère qui venait d’être nommé président du Conseil supérieur du notariat. Je compris alors que je n’étais pas en conclave, mais en assemblée générale du CSN…

Et je me suis réveillé.