Les avocats consultent

Le notariat ne veut pas entendre parler de consultations par internet (NVP juillet-août 2006). Ce n’est pas bien grave : les avocats y pourvoiront. Il suffit d’aller sur www.juriflash.com, qui propose des consultations juridiques, notamment sur le droit notarial, des successions et donations (gratuitement, hormis le coût d’un appel téléphonique, en vue d’obtenir un code d’accès). Après tout, on a bien assez de travail comme cela et des consultations gratuites, par définition, cela ne rapporte rien. Mais peut-être que les avocats ne voient pas les choses sous cet angle ?

 

Dépendance aux SSII

C’est un problème de société. De plus en plus de personnes deviennent dépendantes, à tel point qu’un récent congrès y a été consacré. Même le notariat est atteint. Ainsi, nous sommes devenus totalement dépendants de nos SSII, au point que nous ne savons plus rien faire tout seuls. « Plus c’est cher, mieux c’est » semble être notre devise. D’autres professions raisonnent différemment. Ainsi, de nombreuses entreprises (et non des moindres) ont abandonné les monopoles (Microsoft) pour aller vers des logiciels équivalents et gratuits (dont Open Office). Certaines sociétés développent des applications autour de ce clone gratuit, y compris en matière de rédaction d’actes. Le notariat faisant la sourde oreille, seuls les avocats sont pour le moment concernés. Serions-nous définitivement dépendants, fatalistes ou gâteux ?

 

5 à 7

Nous n’allons pas bavarder emploi du temps, mais argent. Rappelons-nous, il y avait déjà eu débat sur le montant de la dot de Mnémosyne, qui était de 5 000 000 d’euros (ce n’est déjà pas si mal). Puis des bruits ont couru que cette dot était insuffisante et passait à 7 000 000 d’euros. De 5 à 7, il n’y a qu’un pas. Et si, en réalité, il s’agissait de 5 plus 7 ? Vite, qu’on nous rassure. D’autant que, si l’on consulte www.infogreffe.fr, il y a de quoi être inquiet sur la santé financière de Mnémosyne.

 

Carton rouge

Nous subissons tous les effets de lois plus ou moins précipitées, bâclées ou irréfléchies dans leurs conséquences. Il y a de très nombreux exemples (mauvais) en la matière. Ainsi, le remplacement du droit de bail et de la taxe additionnelle par une contribution représentative, elle-même supprimée (bientôt), après maints cafouillages, a sans doute eu un coût économique désastreux pour le fisc. Plus près de nous, en matière de succession, il y a l’abattement global de 50 000 €, qui suscite des mesures d’interprétation de l’administration, elles-mêmes remises ensuite en cause. Pourquoi faire simple ? Attendons-nous au pire, l’an prochain, avec la suppression des abattements pour le calcul de l’impôt sur les revenus et en contrepartie, une imposition sur 125 % des bénéfices pour ceux qui ne dépendent pas d’une association agréée. Voilà de belles batailles juridiques en perspective. Et si notre profession décernait de temps en temps des cartons rouges à l’administration et le faisait savoir haut et fort ?