Il n’est pas dans nos habitudes de publier un courrier adressé anonymement. Il nous parait toutefois important de porter à la connaissance de tous l’intéressante analyse de “salariés (anonymes) d’une entreprise dirigée par Claude Mineraud”. Ils nous disent ne pas être informés du retrait définitif de leur “patron”, toujours “à la barre”, ce qui ne les empêche pas d’être inquiets de leur sort.

 

“(…) nous sommes étonnés d’apprendre que celui que nous nommons tous “le patron” aurait quitté la scène, ce qui signifie, soit que nous côtoyons au quotidien un imposteur (mais alors quel talent !), soit que l’homme manie l’effet d’annonce avec un art consommé (ce qui est probable). Plus sérieusement, nous avons été frappés par la pertinence de l’analyse de vos rédacteurs, qui tous ont justement pointé (…) un ego sans limite, mais aussi une ambition, parfois brutale, au service d’une cause apparemment collective. (…) L’essentiel quand on se retire, c’est de transmettre. Nous ne vous cachons pas cependant que l’horizon semble assez incertain. Il est probable qu’après le départ du capitaine, le bateau risque de demeurer à quai, voire de partir à la casse, privé de la main qui, après l’avoir construit, l’a commandé sans partage pendant tant d’années, tel un voilier d’un autre âge. À moins qu’un projet de reprise n’émerge. Mais cela impliquerait que toutes les leçons soient tirées de l’affaire Mnémosyne, qui reste comme un accident de la route dont les véritables responsables auraient pris la fuite, et dont les archives seraient inaccessibles aux enquêteurs.

Puissent les décideurs au sein de la profession avoir le courage d’analyser cet épisode, avant que ne disparaissent les derniers fleurons de l’empire Mineraud, et, avec eux, des hommes et des équipes aux compétences éprouvées. Contrairement à ce que certains pourraient croire, ce n’est pas seulement là une question de morale, mais aussi, peut-être, l’occasion de vérifier la capacité du notariat à assumer une erreur stratégique, afin d’en éviter la répétition, à un moment où se joue probablement l’avenir de la profession.”