« Toujours plus ! ». Tel est le leitmotiv de notre société. Le rendement est devenu un impératif, générant souvent du stress dans les entreprises. C’est valable partout. Partout, sauf dans le notariat me direz-vous… mais en êtes-vous bien sûr ?

 

Deux confrères, présidents de chambre, m’indiquaient dernièrement que les plaintes de clients s’étaient multipliées ces dernières années et qu’elles étaient majoritairement liées à des réponses tardives, jugées non satisfaisantes, voire au mutisme des études en charge de leurs dossiers. Pour expliquer cette augmentation, l’un évoquait l’impatience des clients et l’autre, le sous effectif de certaines études, structurellement incapables de remplir, dans des délais raisonnables et dans des conditions qualitatives normales, leur mission. Trois raisons majeures à cela, selon mon confrère, un manque d’implication du titulaire de l’office, une implantation géographique peu favorable et pas de stratégie d’optimisation. Or, être chef d’entreprise aujourd’hui, c’est posséder (ou acquérir) certaines qualités permettant de gérer au mieux une entité vivante au rang desquelles figurent la faculté d’adaptation, une force de travail, le pragmatisme, le charisme, l’imagination et la pédagogie.

 

Les clés de la performance

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Faites plaisir à vos collaborateurs et ils vous le rendront au centuple ! C’est ce qu’on retient à la lecture de l’article d’Alain Le Pors (1). La formation, la responsabilisation et l’intéressement sont des clés pour « booster » la performance de nos collaborateurs. Leur motivation dépend également de la reconnaissance du travail effectué. En revanche, les évaluer au seul regard de la productivité est désuet car le « temps de réalisation d’une prestation varie de quelques heures à plusieurs jours (…). Certains dossiers complexes avec contentieux demandent même plusieurs mois pour être conclus ». La prise en compte des exigences de la clientèle, le respect des délais, l’inflation législative, la difficulté accrue des dossiers, voire la judiciarisation de la société à laquelle notre profession n’échappe pas, constituent autant de facteurs de pression que nos collaborateurs sont tenus de gérer et qui affectent directement soit leur productivité, soit la qualité des actes. La maxime « vite fait, bien fait » est une douce illusion.

 

Tous ensemble !

Gérer une entreprise à l’aune du seul critère de rentabilité est contraire à notre mission. Nous ne devons pas reproduire dans nos études le schéma du patron « contre » les salariés et vice-versa. Nous avons besoin les uns des autres pour créer de la richesse et pérenniser nos entreprises. Comment le meilleur notaire de France pourrait-il, sans aucun collaborateur, accueillir ses clients, répondre au téléphone et aux emails, recevoir les rendez-vous, analyser les dossiers, demander les pièces préalables, rédiger les actes, faire les formalités postérieures, passer les écritures comptables, prendre des vacances et vivre tout simplement ? De la même façon, comment le meilleur collaborateur de France serait-il rémunéré s’il n’avait pas d’employeur pour lui verser son salaire ?

 

(1) Cf. Journal du Village des Notaires n°5.