Comment faire pour avoir des collaborateurs motivés, et non pas des galériens passifs et amorphes ? Par ces temps de RTT, voilà une question à laquelle beaucoup de responsables d’entreprises aimeraient pouvoir apporter une réponse simple et… positive. Le Général de Gaulle aurait certainement eu la tentation de répondre : ” Vaste programme ! “. Certes oui, le programme est vaste, mais néanmoins réalisable, si l’on se donne la peine de mettre une bonne dose de BSP (Bon Sens Paysan) dans son carburateur intellectuel ! Sans prétendre à livrer une série de recettes magiques, voici quelques réflexions susceptibles d’orienter votre ” management “.

 

Condition nécessaire, mais pas suffisante : pour être motivé, un collaborateur doit éprouver du plaisir dans son travail. Tous les vieux ” footeux ” se souviennent sans doute de ces entraînements à l’ancienne qui se résumaient à une accumulation de tours de terrain. Rien d’enthousiasmant ! Le jour où un entraîneur a décidé de donner à chacun un ballon pour faire ses tours de terrain, cela a changé la face des choses : la corvée devenait soudain un exercice amusant. Alors comment parvenir à susciter l’enthousiasme ? On peut déjà tout simplement se poser la question. Il y a de fortes chances que parmi les attentes figurent : des locaux agréables, un poste de travail fonctionnel, une bonne luminosité, des outils performants, un ordinateur qui ne date pas de la première guerre mondiale, des logiciels adaptés à la tâche et pour l’utilisation desquels une formation complète aura été fournie. Voilà quelques préalables, la liste n’étant pas exhaustive. Autre recette simple et efficace, à condition de se donner un peu de peine : préparer l’accueil d’un nouveau collaborateur. On n’a jamais une deuxième occasion de faire une bonne première impression. Informer l’arrivant de l’organisation de l’office, le présenter au reste de l’équipe, prendre le temps de lui expliquer clairement et précisément sa mission, lui fixer ses objectifs, le recevoir comme quelqu’un qui vient apporter un plus, ce sont là de bons moyens de mettre en confiance le collaborateur et de multiplier les chances de le voir devenir rapidement performant.

 

Mais la motivation ne saurait exister sans implication. Comment donner envie à un collaborateur de s’impliquer dans le projet d’entreprise et de jouer gagnant-gagnant (win-win comme disent les anglo-saxons !) ? Là également, il faut rassembler divers ingrédients. L’implication passe par la prise de responsabilités. A quelque niveau que ce soit, il est possible de définir un canevas de responsabilités. Ce qui suppose de bien maîtriser la pratique de la délégation. Sans céder au syndrome du roi fainéant. Sous peine de voir surgir des maires du Palais, toute délégation implique un retour d’information organisé de façon rigoureuse. Et la meilleure façon d’être efficace consiste à fixer des objectifs. Attention toutefois à fixer des objectifs réalistes, (ce qui suppose une concertation avec celui qui les reçoit), et mesurables, pour éviter les discussions byzantines. L’objectif de ” faire mieux ” ne fait pas avancer le ” schmilblick “. Il n’est pas difficile de s’engager à essayer de battre le record du monde du 100 m. !

 

Autre élément de la motivation : la reconnaissance. Il y a plusieurs manières d’exprimer sa reconnaissance. D’abord et tout simplement en n’oubliant pas de féliciter ceux qui le méritent parce qu’ils savent donner un coup de collier en période de surchauffe, faire preuve d’initiative positive (suggestions d’amélioration, bonne humeur, état d’esprit positif, etc…). Bien sûr, la reconnaissance doit aussi s’exprimer par la finance. Et un système d’intéressement bien construit rapporte toujours plus qu’il ne coûte. J’ai le souvenir d’une collaboratrice qui faisait une mine déconfite chaque fois que je lui apportais une pile de contrats à enregistrer. Un jour, je lui ai proposé une toute petite prime pour chaque dossier traité. Qu’il faisait plaisir à voir le sourire radieux de cette collaboratrice chaque fois que se présentait une grosse pile de nouveaux dossiers ! Attention simplement aux effets pervers : si l’intéressement d’un collaborateur est fonction de sa performance personnelle, mais également de celle de l’équipe, il faut mettre en place, même symboliquement, une récompense collective. Et pourquoi ne pas utiliser plus souvent l’excellent moyen de dynamisation, et de progrès que représente la prime pour atteinte d’objectifs ? Dans les offices où les taux de rejet des actes sont anormalement élevés, l’introduction d’une prime collective récompensant une forte baisse des rejets permettrait certainement d’enregistrer des résultats significatifs. La reconnaissance, c’est aussi donner la possibilité de suivre des formations à valeur ajoutée, ce peut être de favoriser l’obtention de diplômes dans le cadre de la VAE (validation des acquis de l’expérience). Reconnaître un collaborateur en lui permettant d’exprimer pleinement sa propre valeur ajoutée, c’est faire un pari gagnant : les collaborateurs impliqués sont les meilleurs garants de la performance de l’entreprise. ( à suivre )