Quelle est la tendance du marché ? Les périodes électorales ont-elles été propices aux affaires ? Arrêt sur image à travers cette nouvelle analyse issue d’une enquête réalisée fin avril auprès d’un panel de notaires.

 

Tendance concernant l’activité

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Les périodes électorales sont généralement peu propices aux affaires. Mais celle qui vient de se dérouler s’est révélée plus nocive pour certaines régions que pour d’autres. C’est ainsi que la Bretagne semble avoir plus souffert que le Nord et le Centre où, confient Mes Bouvet et Plancher du Mans : “L’activité a été soutenue sur les mois de mars et d’avril. Mais on sent un net ralentissement à l’approche de l’échéance électorale”. Globalement, il résulte de ces différentes observations une tendance négative pour le début de l’été. Les statistiques des différents réseaux révèlent un volume des transactions en baisse de 10 % à 15 % par rapport au 1er trimestre 2011. Cependant, suivant les prévisions des Pouvoirs publics, le volume annuel des transactions devrait se maintenir autour de 800 000, voire progresser dans les années à venir.

 

Tendance concernant les prix

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Fin février, nos correspondants anticipaient pour mai un rebond du marché, marquant ainsi la fin d’une tendance baissière qu’ils observaient depuis l’été 2011. Or, si les prix des avant-contrats se sont un peu stabilisés ce mois-ci, ils prévoient, de nouveau, leur dégradation à l’approche de la période estivale. Il est vrai que les nouvelles sont de moins en moins réjouissantes. Suivant les sources, la baisse des prix sur les logements en 2012 devrait se situer entre 5 % et 10 % sur un an ou deux ans. Jacques Friggit (1) considère même qu’elle pourrait atteindre 35 % à 40 % sur une période de 5 à 8 ans. Cela compenserait en partie l’envolée des prix, plus ou moins inexplicable, observée ces dix dernières années. L’encadrement des loyers, même s’il est limité, ne devrait pas améliorer cette tendance.

 

Le conseil des notaires

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Constatant cette détérioration continue du marché, les notaires de notre échantillon sont toujours aussi nombreux à conseiller la vente des biens immobiliers. Si l’on en croit les études conjoncturelles, mieux vaudrait vendre pour investir en actions de sociétés numériques plus rémunératrices plutôt que conserver un parc immobilier dont la valeur pourrait diminuer dans le temps. Pour les terrains à bâtir, l’issue apparaît moins évidente  : un tiers de nos correspondants continuent à penser qu’il s’agit toujours d’un bon investissement.

 

Évolution de l’environnement économique

En France, l’un des principaux moteurs de l’économie est celui de la construction. Or, les promoteurs ont enregistré une chute de 25 % de leurs ventes, par rapport au premier trimestre 2011. Le doublement du plafond du livret A devrait permettre d’aider le logement social. Mais, pour le moment, aucune mesure de soutien n’est malheureusement prévue pour la construction privée et l’investissement locatif.

NDLR : cette tendance a été rédigée fin mai 2012.

1. Economiste auprès du ministère des transports et du logement, spécialiste du secteur immobilier.