Emmanuel Macron vient de créer son propre mouvement : “En Marche !”. Mais s’agit-il d’une marche en avant… ou en arrière ?

Mon éternel optimisme m’obligeant à croire que tout est réversible, je serais tenté de conseiller à notre Ministre de l’Économie et des Finances de faire marche arrière sur un grand nombre de décisions.

  • Marche arrière toute sur l’abîme qui a été créé entre les décideurs politiques de tout poil et leurs administrés alors qu’on constate que les règles normatives, de plus en plus contraignantes, se développent de façon exponentielle. Et ce contrairement au discours officiel tendant à affirmer la simplification administrative générale. D’ailleurs, quand un homme politique parle de simplification, il faut bien souvent s’attendre au pire !
  • Marche arrière aussi sur les discours électoralistes qui flattent les bas instincts tout en promettant monts et merveilles à une population ciblée de moins en moins cultivée. Le fossé n’est pas seulement grandissant entre la classe politique et ses administrés ; il l’est aussi avec la société civile de manière générale. Alors, en avant toute pour la promotion de la société civile aux affaires et exit la classe politique ! D’ailleurs, ne voit-on pas fleurir en ce moment de multiples élans citoyens, notamment avec “Nuit-Debout”, caractérisant à lui seul le ras-le-bol des gens qui réfléchissent encore à un avenir meilleur face à des gouvernants déconnectés des réalités ?

Affirmer le contraire de la politique qu’on entend réellement mener, tel est le leitmotiv de nos dirigeants énarchisés. Lorsqu’on entend “simplification”, il faut comprendre “multiplication des normes”. Vous entendez “intérêt général”, traduisez “intérêts particuliers et catégoriels”. Voyez le paradoxe : moins d’État, mais plus de règles normées ! Car le citoyen doit rester encadré pour être mieux surveillé ! L’État disparaît mais – c’est bien connu – la nature a horreur du vide. Dans cette vision paradoxale, on pourrait aisément imaginer que la Sécurité sociale serait remplacée par de grands groupes mutualistes eux-mêmes contrôlés par des firmes pharmaceutiques, elles aussi inféodées aux grands consortiums financiers. Et que dire d’une justice privée, dont les représentants seraient élus et dont la campagne électorale serait financée par des sociétés d’assurance ? Le parallèle peut aussi être tenté pour l’éducation, la culture, l’agriculture, le commerce bien entendu… En marche vers le TAFTA donc !

Si nous sommes en marche vers ce type de société, alors je dis : “non merci, Monsieur Macron” !

Arnaud Hote, notaire à Bapaume (62)