Christiane Taubira vient de remettre sa démission du gouvernement. Le président Hollande l’a acceptée. Elle est remplacée au Ministère de la Justice par Jean-Jacques Urvoas.
Christiane Taubira a expliqué sa démission par 2 tweets postés ce matin (mercredi 27 janvier). Dans l’un d’eux, elle écrit : « Parfois résister c’est rester, parfois résister c’est partir. Par fidélité à soi, à nous. Pour le dernier mot à l’éthique et au droit. ChT« .
De son côté, l’Élysée a adressé ce matin le communiqué de presse ci-dessous aux rédactions.
« Publié le 27 Janvier 2016
Rubrique : Nation, institutions et réforme de l’EtatMadame Christiane TAUBIRA, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, a remis ce 27 janvier 2016, sa démission au Président de la République, qui l’a acceptée. Ils ont convenu de la nécessité de mettre fin à ses fonctions au moment où le débat sur la révision constitutionnelle s’ouvre à l’Assemblée nationale, aujourd’hui, en Commission des Lois.
Le président de la République a exprimé à Christiane TAUBIRA, sa reconnaissance pour son action. Elle aura mené avec conviction, détermination et talent la réforme de la Justice et joué un rôle majeur dans l’adoption du mariage pour tous.
Le président de la République a nommé ce jour Jean-Jacques URVOAS, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice. Il portera, aux côtés du Premier Ministre, la révision constitutionnelle et préparera le projet de loi renforçant la lutte contre le crime organisé et la réforme de la procédure pénale. »



Petit CV de son successeur (selon Planetg.fr)
Ce juriste de 56 ans, proche de Manuel Valls, était jusqu’à mardi soir, le président de la Commission des Lois de l’Assemblée.
La ministre de la Justice, Christiane Taubira, a donné sa démission au président de la République, ce mercredi matin. Pour lui succéder à ce ministère à hauts risques, François Hollande a nommé le Breton Jean-Jacques Urvoas.
Jean-Jacques Urvoas était, jusqu’à mardi soir, le président de la Commission des lois de l’Assemblée nationale. Depuis la semaine dernière, il était chargé de trouver une solution à la réforme constitutionnelle de la déchéance de nationalité, à laquelle Christiane Taubira s’était fermement opposé à plusieurs reprises.
A partir d’aujourd’hui, c’est à lui que revient la lourde charge de défendre, « aux côtés du Premier ministre, la révision constitutionnelle » et la préparation du « projet de loi renforçant la lutte contre le crime organisé et la réforme de la procédure pénale », a annoncé l’Elysée dans un communiqué.
Un « candidat naturel à démerder l’indémerdable »
Manuel Valls lui avait demandé, mi-janvier, de trouver un compromis a priori impossible entre majorité, exécutif et opposition sur la déchéance de nationalité. Il a fini par devenir le « candidat naturel à démerder l’indémerdable », a confié un socialiste au journal Le Monde. Une compétence qui a fait pencher la balance en sa faveur.
A droite, le sénateur Jean-Pierre Raffarin évoque sur Twitter un « homme de grande qualité » et Georges Ferech, député Les Républicains, approuve sa nomination au micro de BFMTV : « M. Urvoas était le meilleur choix possible car c’est un grand juriste ». A gauche, Richard Ferrand, autre député PS breton, le qualifie de « rigoureux », « méthodique » et « astucieux ».
Juriste, auteur et professeur
Proche de Manuel Valls, il était le président PS de la Commission des lois de l’Assemblée nationale, député PS du Finistère et spécialiste des questions juridiques, judiciaires et de sécurité au Parti socialiste entre 2009 et 2012.
Le nouveau ministre de la Justice a été professeur de droit à la faculté de Brest, et a également donné des cours à Rennes. Il a aussi été maître de conférences en droit public à l’Université de Bretagne Occidentale.
Ce Breton de 56 ans est notamment l’auteur de Manuel de survie à l’Assemblée nationale, L’art de la guérilla parlementaire, et d’Onze propositions chocs pour rétablir la sécurité dans lequel il proposait la fusion des ministères de l’Intérieur et de la Justice.
Merci pour toutes ces précisions François !