Depuis le début de l’année, notre rédacteur en chef Didier Mathy a succédé à Joseph Saas à la présidence d’Intranot. Il nous présente Harmonia, le nouveau service de l’association.

N2000 : quelles sont les origines d’Intranot ?

Didier Mathy : Cette association Loi 1901 a été créée en 1981, sous l’impulsion de Michel Andrier, alors notaire à Annemasse, avec un groupe de pionniers réunis à Lyon. Elle était alors connue sous le nom d’ « Association Notariale d’Informatique Coordonnée » (A.N.I.C). Depuis 1998, l’A.N.I.C s’est transformée en Intranot. L’association ne s’adresse qu’aux notaires. Diane, quant à elle, est tout simplement le plus ancien service notarial de diffusion d’information juridique « en ligne », même si la ligne, à l’époque, conduisait à un minitel ! Pour s’abonner au service Diane, il suffit de se connecter sur le site www.intranot.fr. Un essai gratuit est possible, des tarifs réduits sont offerts aux offices créés.

À Lille, lors du Congrès national, vous avez présenté Harmonia. De quoi s’agit-il ?

C’est un bouquet de services qui fait la fusion entre les compétences et les connaissances pour mettre en évidence les talents ! Intranot souhaite en effet offrir à ses abonnés un ensemble d’outils en complément de DIANE, son service notarial de diffusion d’information juridique « en ligne ». Nous avons travaillé avec la société Ligamen qui a repris les notions de la mission Serres sur les « arbres de connaissances », mettant en place une version plus aboutie de ce principe. L’objectif est de cartographier le plus précisément possible les ressources internes de la profession notariale pour permettre l’expression, mais aussi le développement et l’accroissement des compétences de chacun. La carte qui résulte de la collecte des données prend en général la forme d’un ou plusieurs « arbres de talents », d’où le logo d’HARMONIA.

Comment « fonctionne » l’arbre des connaissances ?

Il est difficile d’expliquer le fonctionnement de l’arbre en quelques lignes. Considérez-le comme une carte des connaissances et compétences. Les niveaux de lecture sont multiples, l’échelle variable, ce qui permet à chacun de trouver facilement ce qu’il cherche. Notre projet intègre les moyens de recherche et les « véhicules » permettant d’exploiter pleinement les richesses de la carte (cf. l’arbre des talents ci-dessous réalisé sur le congrès à Lille).

Concrètement, qu’est-ce que cela va apporter à vos abonnés ?

Au niveau de l’individu, c’est le moyen de faire connaître ses aptitudes et ses aspirations, de ne plus subir les affectations au jugé. C’est une meilleure chance de s’épanouir pleinement en privilégiant ce qu’il connaît, pratique, mais surtout apprécie. Au niveau d’une étude ou d’un groupement d’études, c’est l’outil rêvé de gestion des ressources humaines car il permet de placer la bonne personne à la meilleure place, d’améliorer le bien-être au travail tout autant que les performances.

Cela peut-il avoir de l’intérêt à un autre échelon ?

Bien sûr ! Au niveau d’un département ou d’une région, cela facilite la gestion de la formation (choix des sujets, lieux, etc.) et le développement de projets avec constitution rapide et souple d’équipes efficaces.

Au niveau national, la carte devient le véritable reflet de la profession dans son ensemble. C’est la fin du notaire isolé et le début d’une confraternité « 4.0. », au-delà des fantasmes actuels de structuration, de normalisation et d’ubérisation.

Enfin, au niveau international, voire européen, c’est la naissance d’un véritable tissu notarial, constitué d’échanges, et facilité par la pratique de langues, la connaissance des cultures.

Ne craignez-vous pas que les notaires rechignent à collaborer « spontanément » entre eux ?

Les notaires ont parfois besoin de trouver un appui, une aide ponctuelle. La possibilité de facturations « détachées » constitue un grand progrès. Les richesses aujourd’hui inexploitées des plus ou moins 70 000 membres actifs ou retraités du notariat deviennent accessibles à tous. Ce sera à eux d’inventer l’usage qu’il pourra en être fait et, très sincèrement, après avoir fait des présentations pendant 4 jours au Congrès national, nous avons la conviction que nous n’avons pas imaginé le centième des usages que nos abonnés pourront inventer !

Quel sera le rôle d’Intranot au-delà de la fourniture du support technique ?

Il sera d’animer la « communauté » qui se constituera, de lui apporter tous les moyens de ses ambitions, et de chercher pour elle, avec elle, et même en elle, les ressources complémentaires que nous ne pourrons lui fournir directement… D’un arbre, nous espérons faire naître une forêt, une immense pépinière de projets sans autres limites que l’enthousiasme et l’imagination. Ainsi parviendrons-nous peut-être à la concrétisation véritable des objectifs que le législateur de Ventôse avait assignés à notre fonction, loin des « hommes cupides », fiers de nos racines, et prêts à déployer nos branches pour produire de multiples et espérons de délicieux fruits 😉

Combien coûtera l’accès à Harmonia?

Cet outil sera mis à disposition des notaires pour un coût extrêmement réduit (qui reste pour l’instant à définir), puisque Intranot est un organisme à but non lucratif au service du notariat. L’association fonctionne depuis toujours exclusivement grâce aux cotisations de ses abonnés. Ce n’est pas un organisme subventionné et encore moins une start-up vouée à un développement effréné sur les principes des « cash machines ».

À partir de quelle date Harmonia sera-t-il disponible ?

À Lille, les congressistes nous ont fait l’amitié de tester « sans filet » notre béta-version et les échos ont été très favorables. Nous modifions actuellement les modalités de recueil des compétences et connaissances en fonction des réactions des participants à notre démonstration-test ; ils seront prochainement invités à tester la nouvelle version pour corriger les derniers défauts, et améliorer les mode d’emploi. Si tout va bien, Harmonia sera proposé à nos abonnés (car il faudra bien évidemment être abonné à Diane pour bénéficier du service) dès le 1er janvier prochain !