Cette année, le Groupe Notariat Services fête ses 50 ans… et d’une certaine façon, Notariat 2000 et le MJN leurs 60 ans ! C’est en effet à partir de 1957 que la revue « Pompadour », fondée en 1956 par Louis Reillier, est devenue «Pompadour Jeune Notariat, le journal mensuel indépendant du notariat français ». Il s’agit de l’ancêtre de notre revue. Annie Lamarque, notaire à Collioure (66), présidente du MJN, revient sur ce qui fait, plus d’un demi-siècle après sa création, la spécificité et l’attrait du Mouvement (lire également son ITV façon question de Proust).

Qu’est-ce qui fait la force du « Mouvement Jeune Notariat » fondé par Me Reillier ?

Annie Lamarque : depuis la création du mouvement par Louis Reillier, nous avons poursuivi son œuvre, qui repose sur une vision humaniste du rôle du notaire. Mais aussi sur une volonté de favoriser les échanges au sein de la profession. Enfin, nous avons comme ligne de force, le désir de servir le public, qui a toujours animé le notaire de Pompadour.

Pourquoi le « Mouvement Jeune Notariat » est-il toujours novateur ?

A. L. : nous nous efforçons de promouvoir des idées nouvelles qui permettent de mieux répondre aux aspirations de la société. Il faut toujours que nous soyons « deux métros en avance par rapport aux attentes de la profession ». Preuve de notre belle longévité, nous allons fêter notre 60e anniversaire à l’occasion de notre congrès annuel, à Édimbourg en septembre prochain !

Qu’est-ce que vous a séduit dans les idées de Louis Reillier ?

A. Lamarque : c’est une même vision du rôle du notaire, qui doit partager à 50/50 des compétences juridiques, techniques et le sens de la relation humaine. Notre profession nous conduit de plus en plus à être le confident des familles, qui se trouvent parfois fragilisées… Une phrase de Louis Reillier est gravée en moi à jamais : « ce qui est bon pour la société doit être bon pour le notaire ».

Quel souvenir marquant avez-vous de Louis Reillier ?

A. L. : j’ai rejoint le Mouvement Jeune Notariat en 1989, à l’occasion du congrès de Barcelone, où j’ai rencontré Louis Reillier. Tout de suite, il m’a transmis l’envie de poursuivre son œuvre. Depuis, ma fidélité à ses idées reste intacte et ma volonté de pérenniser ce mouvement de pensée demeure une priorité, que je résume par cette expression : « servir, mais ne pas se servir ».

Quels sont vos projets pour le Mouvement jeune notariat ?

A. L. : Bien sûr, je souhaite inscrire MJN dans une logique de respect des principes fondateurs. Les enjeux actuels de la réforme de la profession, reposant sur le regroupement des études, avait déjà été pressentis par Louis Reillier. Nous allons donc nous efforcer d’accompagner au mieux le notariat dans cette mutation, ainsi que les jeunes créateurs en essayant, avec le FORUM DE L’INSTALLATION, de leur apporter  les outils nécessaires pour réussir leur entrée dans notre profession. Je rappellerai qu’en créant le MJN, Louis Reillier avait souhaité rassembler non seulement des notaires, mais aussi des collaborateurs et tous ceux, qui par leur action bénévole, souhaitaient œuvrer dans l’intérêt de cette profession. Je n’oublie pas non plus, nos « congrès”  qui sont un fleuron de notre mouvement. Et puis je souhaiterais engager MJN sur la mise en œuvre d’une réforme sociétale, avec le « testament de vie ». Comment le notaire peut-il s’impliquer dans les testaments pour respecter la volonté de patients atteints de maladies graves ? Ainsi Le notaire pourra continuer de servir le public et d’être l’interlocuteur privilégié des familles.