“La plupart n’entendent rien. Les rares qui entendent n’écoutent pas. Les rares qui écoutent ne comprennent pas. Quant à ceux qui pourraient comprendre, ils s’en fichent. Dévoiler le secret, à quoi bon si personne n’est prêt à le recevoir”. Bernard WERBER.

 
Voilà un des problèmes à résoudre. Les hommes ont en commun la terre qui les loge, les nourrit, les gâte, les reçoit après leur mort et pourtant ils ne lui sont nullement reconnaissants, n’hésitant pas à la détruire le plus souvent.

Les notaires de leur côté ont une merveilleuse profession qui leur apporte presque toutes les satisfactions qu’espère un homme raisonnable et pourtant, ils sont prêts à dilapider leur héritage en voulant “toujours plus”. Conduire la profession, avoir l’honneur de la représenter ne suffit plus, il faut payer l’élu substantiellement faute de quoi, nous dit-on, plus personne ne voudra se dévouer. Indemniser justement était une solution acceptable, mais accorder des “salaires indécents” (cf : flash info du SNN) est une erreur, voire une faute.

Mais peut-on défendre l’idée contraire, celle que le décret du 23 mars 2004 et de la circulaire du CSN du 25 mai 2004 sont des textes adoptés hâtivement, sans concertation et, pour tout dire, inadaptés en l’état ? Apparemment ce point de vue n’est pas accepté par certains Présidents au prétexte que le notaire doit se conformer aux décisions prises “en haut”. L’oligarchie notariale demeure comme l’énarchie au sommet de l’État et la monarchie en son temps…

Heureusement, nous avons nos bulletins de vote qui sont là pour rappeler que les notaires ont avant tout du bon sens et qu’ils ne sont pas prêts à avaler toutes les couleuvres. Ne désespérons pas cependant car la presse ” people ” nous rappelle qu’il y a encore en France des gens lucides. ” On est en train de mourir du consensus mou, de ce politiquement correct qui fait que l’on a plus rien le droit de dire. Il y a une cristallisation des rancœurs dans ce pays qui fait que les gens n’ont plus de recul. ” C’est Stéphane BERN qui l’affirme dans une interview au Progrès et ajoute en le regrettant : ” les gens ne font plus les choses gratuitement “. Quant à Fanny ARDANT, dans une interview à Paris-Match, elle dit : “je suis d’une génération qui a cru au Che, mais maintenant on croit à son porte-monnaie”.

Tout compte fait, je ferais peut-être mieux de lire La Semaine juridique ou Le répertoire Defresnois ou mieux encore, comme me le conseille ironiquement un confrère, d’écrire dans une de ces revues plutôt que de confier mon opinion à Notariat 2000.