Le Conseil des sages s’est réuni pour réviser le dictionnaire notarial. Faute de place, nous ne relaterons les travaux que partiellement. Ce mois-ci, nous publions la définition du mot “bidule”.

 

Bidule : une fois n’est pas coutume, l’Académie notariale prendra ici de l’avance sur le Littré en définissant un mot absent de l’illustre dictionnaire.

Le mot bidule caractérise un objet dont la définition plus précise se trouve difficile, pour ne pas dire impossible. Il n’est pas rare, ainsi, d’entendre un notaire de base s’exclamer, en regardant d’un air dubitatif l’écran de son ordinateur (ou même une circulaire du CSN, voire les deux simultanément) : “qu’est-ce que c’est encore que ce bidule ?”.

Objet quelconque, le “bidule notarial” est, comme tout le reste, le plus souvent possible dématérialisé. Du reste, la dématérialisation n’est probablement elle-même qu’un bidule idéologique et politique que personne (sauf, peut-être, les crédules et les experts ès bidules) n’aura jamais considéré comme réellement moderne.

Ayant succédé aux trucs sur vessie de porc et aux machins dactylographiés, le “bidule dématérialisé” semble promis à un grand avenir dans le notariat, car les techniciens excellent dans l’art de multiplier les bidules, de créer des interdépendances -sans parler d’interférences- entre bidules, ôtant aux utilisateurs la moindre parcelle de temps leur restant pour coincer la bulle. A terme, le notariat entier pourrait bien n’être qu’un agglomérat de bidules, avant d’être définitivement relégué au cimetière des bidules sans intérêt, à moins qu’on ne finisse par dire “Basta la dépendance aux SSII”. Car, si on nous a promis Fidji, nous voici, semble-t-il, plutôt dirigés vers Mururoa…