Le Conseil des sages s’est réuni pour réviser le dictionnaire notarial. Faute de place, nous ne relaterons les travaux que partiellement. Ce mois-ci, nous publions la définition du mot “discours”

 

Discours : Composé du préfixe “dis”, induisant la notion de séparation, de dispersion, et du mot “cours”, qui indique le déroulement, le discours pourrait, selon le talent de celui qui le prononce, perturber le déroulement d’un événement, disperser les auditeurs… Certains le disent court et vous en font “dix cours” ; certains le font bref, mais toujours l’auditeur soupire… Lorsqu’on ne lui en fait pas, il en réclame cependant, mais c’est pour mieux s’en plaindre, à peine l’orateur se lance-t-il. Supprimez les discours, le Congrès ne durerait qu’un jour, voire deux. Ce serait une catastrophe pour les exposants… ou un bien énorme pour l’évolution des travaux de fond ? Le discours est au politique ce que le sel est à la soupe. Tout politicien se doit d’exceller dans l’art du discours, même si, au fond, tous le savent, c’est de paroles inutiles, de bavardages sans suite qu’il est question, et non d’allocutions fondamentales. Le mot en lui-même est aujourd’hui désuet, de même que son hyponyme “harangue”. Il n’est toutefois pas impossible qu’un jour, on vous pousse préventivement vers l’issue de secours d’un auditorium en vous disant : “Attention, harangue, sors (1) !” 1. L’académie tient à préciser qu’après quatre jours de discours au Congrès, elle n’est plus tout à fait en pleine possession de ses moyens…