Le Conseil des sages s’est réuni pour réviser le dictionnaire notarial. Faute de place, nous ne relaterons les travaux que partiellement. Ce mois-ci, l’Académie a choisi de définir le mot “jeu” (1).

Jeu : action de se livrer à un divertissement, à une récréation. Le jeu peut être petit ou de société. On peut “en être” ou pas. Il peut être de mains, même aujourd’hui (devenant au passage un jeu d’esprit), de hasard ou d’argent. On peut le cacher, il peut être d’eau ou de lumière… Ceux qui jasent et interprètent le jouent souvent double, et mettent en jeu ceux dont ils veulent se défaire en prétendant jouer le jeu de celui qu’ils accablent. Ils vous disent, en sur-jouant, “ce sont là les règles d’un jeu qui vous échappent”. Ils savent faire usage de l’ensemble de leurs jeux de clefs et profiter du jeu dans les engrenages de la machine pour amplifier ses grincements. Si vous faites leur jeu, nul doute que vous serez perdant ! Mieux vaut alors ne pas se prêter au jeu, car “la fourberie n’est le jeu que des petites âmes”, et, à ce prix, le jeu ne vaut pas la chandelle.

1. L’Académie a été, un instant, tentée de définir le mot “jeannotisme” dont le sens titillait son imagination. Elle a prudemment décidé de s’en abstenir, en souvenir de l’émotion provoquée par la définition de “jaboter” (qui avait marqué son dernier passage par la lettre “J”). D’une joliveté sans prétention, certains, jubilant de leurs effets, avaient fait un jasement alors qu’il était impossible à nos sages de jauger l’inopportunité de leur définition, faute d’avoir pu juger personnellement du défaut prétendument évoqué. Le mot “juteux” aurait pu le remplacer si d’aucuns n’avaient risqué de prendre ombrage, inutilement, de ce qui n’aurait été qu’une définition sans prétention aucune…