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Enquête auprès d’un panel de notaires, abonnés et non abonnés à la revue, sur leurs ressentis en 2011 et leurs perspectives 2012.

 

Etat des lieux : “2011, un bon millésime !”

Pour 84 % de notre panel, l’année 2011 a été un bon cru ! La moitié des notaires interrogés estime que l’année a été “bonne”. “Je ne suis installée que depuis 2 ans, témoigne Christèle de Layat (Saône-et-Loire), et 2011 a été meilleure que 2010”. Elle est même jugée exceptionnelle par 25 % de notre panel. De l’avis général, les réformes fiscales ont largement contribué à faire de 2011 un excellent millésime. Les “plus pessimistes” (16 %) considèrent que ce fut une année “comme les autres”. C’est notamment le ressenti du nîmois Jean-Pierre Lagouche et de l’auvergnate Noëlle Folcher qui nous dit exercer en “zone rurale et sinistrée”.

L’avis de la rédaction : C’est le flop total sur PNF et le Radar… Faut-il en conclure que le “pilotage à vue” contente le plus grand nombre ? Quant aux 16 % qui n’ont pas fait mieux que d’habitude en 2011, ils devraient sérieusement penser à changer leur fusil d’épaule car ce fut quand même une année d’exception !

En 2011, quels événements ont, selon vous, le plus marqué :

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Perspectives : “2012, gare aux élections !”

a) Les attentes…

• Au niveau de la profession : À l’exception de quelques désabusés, notre panel attend beaucoup de la profession pour 2012. Il est même souvent force de proposition puisque 36 % y vont de leurs suggestions. A Nice, Christiane Schoepff y va de son coup de gueule et aimerait que l’on “reparle français dans les actes”. Selon elle, “les notaires ont adopté le langage informatique pour cause de Télé@ctes”. Son confrère du Finistère attend de la profession qu’elle soit plus attentive aux questions disciplinaires. “Trop de confrères ont oublié le panonceau pour ressembler de plus en plus à des avocats d’affaires, sans réaction de nos instances, et ce sont toujours les plus grosses études !”. Le girondin Philippe Laveix apprécierait qu’il y ait “davantage de communication au sein de la profession pour que chacun comprenne les enjeux, les actions collectives et s’anime dans la cohérence d’une grande profession”. En Saône-et-Loire, c’est la communication grand public que la jeune Christèle de Layat rêve de “booster”. “On a l’impression que les gens ne savent pas ce qu’est un notaire… Il faut arrêter de se regarder le nombril et aller voir ce qu’il se passe dehors !”. Ce point de vue est partagé par 23 % de notre panel, dont Guy Canault (Loiret) qui aimerait une communication “plus réactive aux changements législatifs”. “Les Français n’ont toujours pas compris en quoi l’acte authentique était supérieur aux autres et on ne leur a toujours pas expliqué correctement” regrette son confrère breton. Comme 14 % des notaires interrogés, Lionel Frejaville (Aveyron) attend de la profession qu’elle donne la possibilité à chaque notaire de s’exprimer plus librement, ne serait-ce que pour “lutter à armes égales avec les professions du secteur concurrentiel”. L’avis de la rédaction : Justin Conseil ne semble pas avoir convaincu (23 % aspirent à une communication plus grand public). On note également une explosion des demandes de la base : 36 % ont, en effet, des attentes autres que celles que nous avions formulées. Ces demandes étant très variées (respect du tarif, de la déontologie, plus de discipline, etc.), elles sont difficilement “catalogables”.

• Au niveau de l’étude : C’est l’optimisation de la gestion du temps qui arrive en tête de ligne. “Le temps est une denrée trop rare” écrit un notaire de Charentes. Pour son confrère, “seule l’organisation et la formation permettent de continuer à donner satisfaction aux clients”. D’ailleurs, 24 % de notre panel envisagent d’embaucher un collaborateur ou un notaire salarié en 2012. Les plus pointus voudraient développer l’acte électronique. Enfin, parmi les 12 % qui veulent développer un nouveau service, un notaire des Hauts-de-Seine envisage de créer une crèche d’entreprise et va jusqu’à suggérer aux hautes instances la création d’un immense comité d’entreprise de la profession.

L’avis de la rédaction : Message reçu par le CSN ! La formule “clés en main” de la Direction de la Qualité et du Management devrait répondre aux attentes de notre panel en matière de stratégie de l’office, gestion du temps, gestion des équipes, etc. Il faut aller sur Real et il suffit de mettre en application les clés du management. En revanche, il reste du pain sur la planche pour généraliser la DQN…

Pour 2012, qu’attendez-vous :

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b) … et les craintes

• Au niveau de la profession : A quelques mois des élections présidentielles, près d’un notaire sur trois s’inquiète des conséquences des élections. Le recul de l’authenticité et l’invasion des avocats arrivent en 2e et 3e position. “Il n’y a rien de pire, en termes de mentalités, que les avocats, sauf peut-être les politiques” témoigne un lecteur. Dans le Lot-et-Garonne, un notaire nous dit que sa plus grande crainte en 2012 est de devenir avocat… Son confrère du Nord redoute “la fin du monopole si confortable”. Ici et là, on craint la perte des valeurs notariales. “Sur 15 notaires stagiaires à qui j’ai demandé pourquoi ils avaient choisi cette voie professionnelle, un seul a répondu : ’parce qu’en 4e, j’ai eu une révélation’ !” nous rapporte un notaire des Alpes-Maritimes. Dans le Loiret, son confrère craint que “la coupure entre le notariat parisien et le reste de la France ne s’amplifie”.

L’avis de la rédaction : Mais, justement, “Le pire n’est pas toujours sûr” comme l’écrivait Paul Claudel. Mieux ! Quel que soit le verdict des urnes, l’Etat aura, plus que jamais, besoin de “ses” notaires. La tendance lourde, c’est plus de législation, plus de fiscalité… Des domaines où l’expertise du notaire est incontournable. Mais vigilance, l’avocat est toujours au coin du bois… et il avancera d’autant mieux si nous reculons !

• Au niveau de l’étude : Il est intéressant de noter qu’aucun des notaires interrogés n’appréhende un conflit avec un ou plusieurs associés ou le départ d’un bon collaborateur. La chute de la négo n’effraie pas davantage. Pour 83 % de notre panel, le danger est ailleurs. Et même si Christiane Schoepff cite Nietzsche (“Ce qui ne nous a pas tués nous a rendus plus forts”), beaucoup croisent les doigts pour ne pas revivre le “trou d’air de 2008”. C’est le cas de Régis Vey (Haute-Loire), Georges Rabbe (Loiret), Hervé Begauneau (Maine-et-Loire) et Laurent Dallet (Charente). “2011 nous a réhabitué au meilleur, écrit notre charentais. En pareil cas, le pire est à craindre, surtout avec les perspectives économiques et un président-avocat…”.

L’avis de la rédaction : Et si les pires choses étaient celles que l’on n’attend pas ? Le trou d’air est majoritairement craint, le danger vient de l’extérieur, pas de l’intérieur. Pas un instant, notre panel n’imagine qu’un problème puisse survenir dans le quotidien de l’étude (conflits entre associés, départ d’un collaborateur, etc.).

Quelle est votre plus grande crainte

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Les vœux

“Si vous aviez un vœu à formuler, quel serait-il ?” A cette question, chacun y va de sa proposition. Les plus pessimistes souhaiteraient “que le notariat ne vende pas son âme au diable (et à l’argent)”, voire qu’il “redescende sur terre pour être davantage à l’écoute du client et expliquer en termes simples les actes”. Michel Berraud (Indre-et-Loire) voudrait “redonner du sens au mot confraternité”, Jean-Paul Brom (Haut-Rhin) aimerait bien que les notaires soient mieux formés et que la profession fasse mieux respecter la déontologie tandis que Jean-Pierre Lagouche et quelques-uns de ses confrères rêveraient de restreindre la dépendance des notaires aux sociétés informatiques. Télé@ctes est également égratigné et, là aussi, une émancipation est souhaitée. Quelques-uns prônent le retour en force d’un volontariat enthousiaste. Toutefois, la majorité de notre panel formule le vœu que le notariat soit mieux considéré par les Pouvoirs publics, qu’il continue à progresser et que l’authenticité soit préservée. Le tout avec un seul mot d’ordre “tous unis !” car comme l’écrit Noëlle Folcher (Puy-de-Dôme) “l’union fait la force” !

L’avis de la rédaction : Et si nous, à Notariat 2000, nous avions un vœu à formuler, quel serait-il ? Que nos confrères soient plus nombreux à exprimer librement leur point de vue et qu’ils n’hésitent plus à sortir de l’anonymat ! La majorité de notre panel manifeste le désir d’être entendue, mais lorsqu’on lui en donne l’occasion, elle peine à prendre la plume et à signer. Paradoxe d’une profession qui reçoit quotidiennement des actes et assume des responsabilités autrement plus importantes que celles que nous lui demandons, mais qui fait preuve d’une extrême réticence lorsqu’il s’agit d’exprimer un avis… Dommage.