On les voit toujours ensemble. Sur les congrès MJN, à l’étude comme dans la vie, François Granier et ses quatre associés affichent une constante bonne entente et un vrai plaisir d’être ensemble. Pire : ils sont amis dans la vie. Mais quel est leur secret du bonheur ? L’air de Montpellier adoucirait-il les relations entre associés ? François Granier nous dévoile “sa formule gagnante”. 

Notariat 2000 : Quelles sont, selon vous, les raisons de votre bonne entente avec vos associés ?
François Granier : C’est très simple : mes associés sont des personnes de grande qualité, juridique bien sûr, mais surtout humaine. Ils sont d’une loyauté absolue ; ils n’ont aucune mesquinerie. Ils gardent pour eux les problèmes et partagent les succès. S’entendre avec eux est donc on-ne-peut-plus facile. Nous nous connaissons depuis longtemps. J’étais à la fac avec deux d’entre eux, André Bonnary et Rémi Fournier Montgieux ; j’ai connu Jean-Christophe Claron sur les bancs de l’école, quand nous avions 10 ans… Nous étions amis avant d’être associés. Quant à l’intégration, il y a trois ans, de Laurent Daudet, qui était clerc à l’Etude, elle s’est faite naturellement. Avec le temps, les liens qui nous unissent sont toujours très forts. Nos vies professionnelle et privée se rejoignent fréquemment : nous nous voyons en dehors de l’Etude, nous sommes ensemble sur les congrès, je fais du vélo le dimanche matin avec l’un de mes associés… Dernière virée ensemble à l’automne dernier : parcourir le Canal du Midi à vélo en quatre jours. Et bientôt peut-être, la Cyclonot dans le Gard.

Notariat 2000 : Qu’avez-vous mis en place au quotidien ?
François Granier : Grâce à notre proximité, aux nombreux moments que nous passons ensemble, nous pouvons discuter de tout et de rien, mais le plus souvent de notre Etude, que nous veillons simplement à faire évoluer dans la bonne direction. Nous déjeunons tous les jeudis ensemble. Notre « ordre du jour » est rempli de sujets aussi nombreux que divers, simples détails ou questions d’importance, mais tous utiles ou nécessaires au bon fonctionnement de l’étude. Nous avons des débats amicaux ; il n’y a pas d’ego. Nos personnalités sont différentes et complémentaires ; c’est probablement là l’un de nos meilleurs atouts. Les décisions sont prises facilement, preque toujours à l’unanimité, parfois à la majorité. Nous veillons à ne rien négliger : à nos yeux, pas de petites décisions, qu’il s’agisse du management de l’Etude ou d’affaires d’intendance. A titre d’exemple, la réception des « candidats-stagiaires » se fait en présence des cinq notaires. Enfin, depuis 2008, l’étude est certifiée ISO 9001. La mise en place de la démarche qualité nous a permis de réfléchir à qui-fait-quoi, redéfinir le rôle de chacun, écrire le règlement intérieur, structurer l’étude en sept services spécialisés (famille, divorce, immobilier, construction, urbanisme, affaires, collectivités territoriales) avec, à la tête de chacun, un ou deux chefs de service.
Notariat 2000 : Quel a été l’élément déclencheur de la DQN ?
François Granier : Comme M. Jourdain faisait de la prose sans le savoir, nous faisions  depuis longtemps de la DQN en l’ignorant. Depuis 1990, année de notre association, où nous étions 3 notaires de 30 ans avec 3 collaboratrices (dont une standardiste et une dactylo embauchée par mon grand-père !), nous n’avons qu’un souci, élémentaire, fondamental : faire notre travail correctement. Le développement de l’étude nous a imposé certaines décisions, dont la nécessité de nous spécialiser ou, à défaut pour un notaire de l’être lui-même, d’être entouré d’équipes de spécialistes. Le fonctionnement « généraliste », un jour, a trouvé ses limites. Et en 2006, à l’occasion d’un congrés MJN, nous nous sommes « enfermés » 2 jours durant pour définir la nouvelle organisation de l’étude et rédiger ce que nous avons baptisé « le protocole ». 18 mois plus tard, nous étions certifiés Iso 9001.

Notariat 2000 : Quelles sont les conditions sine qua non pour réussir une association ?
François Granier : Je n’ai pas la recette magique… Je vais énumérer des poncifs ! Aller dans la même direction. Etre loyal. Partager, autant que faire se peut. Ne pas jouer contre son camp. Ecouter ses associés. Bannir toute forme de mesquinerie. Accepter la loi de la majorité. Bref, des lieux communs… Je crois surtout que c’est un état d’esprit…, probablement inaccessible à la majorité de l’espèce humaine. Et c’est précisément pour cette raison qu’il n’y a pas de recette.