Ne boudons pas notre plaisir face aux actions volontaristes fortement engagées de nos structures, à commencer par la « supérieure » qui, depuis 2004, a engagé un vaste chantier… Nous retiendrons trois ouvertures et avancées. La première est, bien sûr, l’action internationale où notre CSN est en première ligne.

 

International

Le notariat français, nous le constatons, est le modèle mondial. Reste à le mériter. Nos chefs s’en occupent, avec succès, c’est leur rôle. Encore faut-il que la base suive. Elle le fait, mais de loin, semble-t-il. Nous savons cependant que le confort de notre position hexagonale, fragile, nous viendra d’une profession mondialement reconnue. Paradoxalement, l’Asie pourrait nous venir en aide dans notre bras de fer bruxellois, car celui-ci n’est pas fini.

 

Opération Jeunes La seconde avancée est « l’opération Jeunes ». Le 14 mars dernier, elle a vu son point d’orgue parisien pleinement assumé par le Président Dejoie et son équipe qui étaient sur le pont et, a-t-on pu entendre très irrévérencieusement, « ont mouillé leur chemise ». Bravo ! Un bémol toutefois : la demande de nos successeurs potentiels nous paraît terne et bien terre-à-terre pour cet âge ! Des sous vite, le plus possible, voilà le socle de l’horizon. Heureusement, la formation a été également présentée. Il est vrai que le dépoussiérage est urgent, notamment avec l’éventail des matières à adapter aux besoins de nos clients, moins monolithiques que notre offre. Et puis, sans doute, faudrait-il élever un peu le débat au-dessus des chaussettes financières ! Notre Assemblée de Liaison a débattu en décembre dernier de nos « valeurs fondamentales ». Sont-elles enseignables ? Si oui, par quel canal ? Les « honoraires » qui seraient volontaires ne pourraient-ils être mis à contribution pour parler, par exemple, de la « prudence », vertu cardinale du juriste sans laquelle il n’est pas digne de ce nom. « Aucune loi ne peut guider le juriste au point de le rendre inutile » écrivait Aristote. Plus simplement, mettre en avant le service qui devrait primer l’argent, même si la qualité du premier induit le second. Mais dire aussi et surtout que la seule poursuite du second ne peut conduire, à terme, qu’à de dangereux débordements. Choisir le notariat pour le « fric » ou le maroquin social, voilà une idée bien trop répandue chez nos jeunes impétrants. L’impasse est presque toujours au bout du chemin. D’autres professions conviennent mieux et avec moins de risques à une telle quête.

 

Qualité

Nos structures ont longtemps boudé la qualité. Mieux vaut tard que jamais ; aujourd’hui, c’est parti, plus du sommet que de la base, certes. L’engagement de nos chefs, s’il est condition essentielle, ne suffit pas pour entraîner les troupes. Nos fantassins sont cloués au sol par les batteries immobilières qui crépitent leur charge de formalités et d’ordinateur. Les énergies restent immobilisées par le court terme, mais l’impérieuse nécessité de la qualité reviendra en force dès que l’immobilière euphorie se calmera, voire s’inversera. Alors tous les marchés négligés, voire abandonnés, donc réinvestis par d’autres, devront être réactivés, au prix de nouvelles énergies qui auront besoin d’être dynamisées par la « qualité ». Ainsi les efforts d’aujourd’hui chez quelques-uns serviront-ils demain de leviers aux autres…

 

Renouvellement des notaires

Et comme dans les trois mousquetaires, voici un quatrième chantier sur lequel œuvrent nos structures. Tard, un peu, beaucoup trop tard ? N’empêche, il s’agit de pourvoir au remplacement du quart des notaires et du tiers des collaborateurs, à court et moyen terme, à commencer, dès demain, voire aujourd’hui, par nos bons rédacteurs introuvables en campagnes et courtisés en ville ! Cet ultime effort rejoint à l’évidence le second, celui des jeunes, de la formation pas seulement juridique, mais aussi et surtout celle qui privilégie, comme disait Montaigne, « la tête bien faite » à « la tête bien pleine ». À Paris, les manches sont retroussées : ce courant sera-t-il suivi ? Le jeu en vaut la chandelle…