J’ai fait un rêve…

Doté de pouvoirs surhumains et d’un masque de Zorro, j’étais devenu le chevalier du notariat.

 

Je m’étais fait élire dans toutes les instances représentatives et tous les organismes volontaires afin de n’éveiller aucun soupçon.

J’étais même devenu député.

Je profitais de ces tribunes pour fustiger tous les ennemis du notariat, les petits, les grands… mais surtout les petits (et teigneux).

Je vilipendais les avocats, les anciens, les nouveaux, les ex ou futurs ministres, les Parisiens, les provinciaux… Avec un feutre vert fluo indélébile, je les marquais tous d’un grand “G”, qui voulait dire “Guacamole”.

Je fustigeais les présidents de commissions en tout genre et je glissais des peaux de banane sur leur passage. Je harcelais les politiciens, ministres, députés, énarques qui, sous prétexte de libérer la croissance, mettaient à terre notre belle profession. Je ne manquais aucune occasion de les entarter d’une bonne pâtisserie maison, ma légendaire tarte au guacamole. Je réglais également leur compte à certains de nos confrères :

• je chatouillais pendant leur sommeil les moins confraternels et les moins sympathiques pour les dérider un peu ;

• je mettais les lits en portefeuille de tous ceux qui en étaient un peu trop près… de leur portefeuille ! ;

• je glissais du poil à gratter dans les vêtements des représentants des organismes volontaires de la profession qui ne se bougeaient pas assez… J’étais devenu le justicier infaillible, le Zorro du notariat et de l’acte authentique, l’entarteur en chef de la profession, celui qui ramenait dans le droit chemin tous ceux qui s’en écartaient.

J’étais au zénith de ma gloire. Je décidais alors de me rendre aux Etats généraux du notariat avec un gros carton de tartes au guacamole. Je devais être prêt à entarter tous ceux qui pourraient s’en prendre à notre belle profession ! J’étais très motivé, prêt à tomber le masque pour entraîner dans mon sillage tous mes confrères. “Guacamole” serait notre cri de guerre ! Je m’attendais à trouver une salle en liesse, m’accueillant à bras ouverts… Mais, oh surprise, tous mes confrères s’étaient endormis…

Et je me suis réveillé…