Actif sur tous les fronts (chancellerie, Europe de l’Est, Asie…), le panonceau déploie aussi les charmes d’une communication interne servie par le charisme qui séduit nos sommets. Une communication bienvenue et appréciée après une si longue grisaille, indispensable et salutaire certes, mais cet habile masque vise-t-il à supprimer nos rides ?

 

Le notaire est-il reconnu comme le généraliste du patrimoine global de ses concitoyens ? Quels moyens sont décidés et mis en oeuvre pour y parvenir ? Questions essentielles à peine abordées si ce n’est par quelques bonnes paroles d’estrade ou de colonne ! Et pourtant, nous savons bien, in petto, que le démantèlement, hélas parfois programmé, de notre présence dans les domaines qui furent et devraient être nôtres, l’absence de volonté politique de redéploiement, ne permettent pas l’optimisme que nos chiffres suggèrent.

 

Colonne vertébrale

L’assise de notre pérennité a une colonne vertébrale : le quadrillage juridique de nos ruraux. Réalité encore aujourd’hui, mais pour combien de temps ? On voit bien se dessiner une tendance lente mais tenace du regroupement vers les cités. Comment l’enrayer puisqu’il suit le mouvement de la population elle-même ? Ne voit-on pas s’ouvrir dans la moindre bourgade de 2000 habitants et plus, florilège de cabinets secondaires, avocats, experts-comptables et autres succursales financières de conseils plus ou moins éclairés ? Ils ouvrent une demi-journée par-ci par-là, de préférence les jours de marché, pour drainer la clientèle vers de puissantes structures urbaines que nous peinons à mettre en place ! Si quelques offices, principalement parisiens, ont su se structurer pour répondre aux besoins protéiformes de nos clients, le plus grand nombre ne vise-t-il pas une juxtaposition à base de profits financiers, juteux certes, mais sans perspectives. Dans nos chefs-lieux ruraux, quelques foyers de résistance ont maintenu des bureaux, sans céder à la tentation d’installer leur siège en ville. Il faudrait les citer en exemple et les décorer ! Feront-ils des émules ? Résisteront-ils après la retraite de leur fondateur ? Espérons-le, tout en admettant que rien n’est fait pour leur pérennité, ni leur accroissement !

 

“Lobbying”

Préserver les marges, réduites en surface mais encore copieuses en volume, tel semble bien être le seul objectif. Le syndrome de la forteresse que nous savons hélas condamné depuis Vauban ! Car, chacun sait que toute forteresse, fut-elle puissante, est faite pour être prise. Oui, notre ” lobbying ” (oh le vilain mot !) existe ; oui, il est organisé, puissant et doté de moyens efficaces ! Dans les limites si étroites qu’il s’est lui-même assigné, il porte en germe ce sentiment sécuritaire qui nous est congénital, mais si illusoire pour la suite. Danger paradoxal, mais bien réel. Voyons l’Europe, où le droit écrit est pourtant majoritaire mais où le notaire peine, ô combien, à exister, à Bruxelles et autre Strasbourg. Il est vrai que cette étonnante et récente ” découverte ” entraîne une action bien tardive, tant notre méthode Coué nous sert souvent d’anesthésie ! Tout en saluant cette prise de conscience, souhaitons lui une montée en puissance au moins égale à celle de nos voisins et amis ! Et là, l’ouvrage surabonde ! Pour crédibiliser et affirmer notre action externe, ne faut-il pas en venir, enfin, à nos ” fondamentaux ” ? Accroître notre nombre et, parallèlement, la surface périphérique de nos compétences et activités, car l’un ne saurait aller sans l’autre. S’il est vrai que la qualité actuelle de notre défense, qui vise à conserver celle de notre assiette, nous offre le confort intellectuel de l’efficacité, comment saurait-elle résister à la pression du nombre et à l’envahissement du terrain y compris, (c’est bien le plus dangereux), celui du patrimoine et donc des familles. ?Voyons, pour exemple parmi bien d’autres, l’activisme bancaire tout azimut, immobilier compris !

Fût-il encore meilleur, le savoir-faire actuel de nos “lobbying” pourrait-il nous éviter l’encerclement, puis la prise de contrôle ? Car, la réalité sur le moyen long terme est têtue, elle s’appuie sur le concret : hors du développement numérique et des domaines de compétence active, le maintien de notre confort relèvera de la magie. On peut toujours rêver et applaudir l’équilibriste…