Notre Marianne, notaire assistant de son état, s’interroge ce mois-ci sur la campagne de communication du CSN. Son point de vue est très… féminin !

 

• Juin : Le CSN lance une campagne de communication par voie de presse déclinée sous la forme de 3 visuels. Que voit-on ? Sur le premier, des chaussures d’homme, sur le deuxième, une veste d’homme (tiens, encore !) et, enfin, sur le dernier, un bureau en bois massif avec des livres dans une bibliothèque. Plus masculin, tu meurs ! À chaque fois, les slogans sont drôles et décalés. Mais appuyer exagérément sur le fait que le notariat est un milieu rétrograde, ringard et misogyne est-il vraiment judicieux ?

 

• Septembre : le rap de « Justin Rappeur » fait la « promo » du notaire sur internet. Les paroles sont méprisantes pour l’internaute (« t’en as marre de ton p’tit job à la c… ») et reflètent mal notre métier. L’attitude de Justin Conseil (encore un homme !) est suffisante, son rap démodé. Passons… Il est parfois bon de rire de ses propres défauts. Faut-il pour autant en rajouter ? Tiens une femme dans le clip… mais dans le rôle du clerc (qu’attendiez-vous ?). Elle a un petit air pincé avec son tailleur jupe étriqué et ses lunettes strictes. Nous sommes bien loin de la sexy Ally MacBeal, avocate dans un grand cabinet américain. Ici, elle tape sur une machine à écrire qui date des années soixante-dix… alors que nous en sommes à la dématérialisation et à la signature électronique (cherchez l’erreur) ! Est-il opportun de véhiculer ce genre d’image ? N’est-ce pas donner du grain à moudre à nos détracteurs ?

 

• Ouverture et féminisation : Ne devrions-nous pas, au contraire, communiquer sur la modernité et l’évolution de notre profession ? Notre profession se démocratise, s’ouvre à des « non-enfants de notaire » et à des Français d’origine étrangère. De même, pourquoi « zapper » systématiquement les femmes dans les campagnes de pub de la profession ? Plus d’un quart (1) exercent le métier de notaire, sans compter toutes celles qui travaillent dans les études ou sont étudiantes en droit notarial ! Les femmes compteraient-elles pour des prunes ? Selon les auteurs du livre « Les Notaires », notre profession est très largement méconnue du grand public. À nous d’expliquer à nos concitoyens qui nous sommes réellement, quel est notre rôle. Avec clarté et sobriété !

 

1. 28 % des 2525 notaires recensés sont des femmes (source : CSN, 1er juillet 2010)