Plaintes

28 724, c’est le nombre impressionnant de plaintes de clients mécontents ! Rassurons-nous, le notariat n’est pas en cause ! Il s’agit des banques dont le médiateur publie ses statistiques sous l’égide de la Banque de France : + 15,7 % de 2007 à 2008. Les banques ont eu raison dans 53 % des cas. 30 % des avis sont entièrement favorables aux clients et 17 % mi-figue, mi-raisin. Imaginons un instant ce que pourrait donner une telle statistique chez nous ? Chiche ! 9 fois sur 10, les avis sont suivis sans procédure. On peut toujours rêver… et imaginer à quel point notre Caisse de garantie en serait soulagée.

 

Douche froide

Les 7200 notaires, réunis au Zénith, ont ressenti “l’adresse présidentielle” comme une douche froide en termes de menace future. Cette “lecture” finale fut reçue comme une remontrance voilée pour avoir entravé (mais non stoppé !) la “grande réforme juridico-judiciaire” ! Impression indéfinissable, car si on relit calmement le texte, on n’y relève rien de vraiment nouveau. Chauffée par le président Ferret, rassurée par notre garde des Sceaux, excellente négociatrice et bon “petit lieutenant”, la salle n’a pas caché sa déception finale. Faut-il pour autant en être désarçonnés ? Sans doute vaut-il mieux savoir pour prévoir. C’est une grande œuvre de pédagogie interne et externe qui attend notre président et plus encore le prochain.

 

Patrimoine

Le député Louis Giscard d’Estaing poursuit ses efforts pour mettre en harmonie les nombreuses et différentes chapelles qui divisent les “conseillers en patrimoine”. Il veut proposer une loi pour organiser cette profession et lui donner un “conseil supérieur” ! Organiser l’accès et l’exercice de cette profession est une demande qui remonte à octobre 2007. Elle émane des anciens élèves du très réputé diplôme délivré par l’université d’Auvergne, créée et encore animée par le doyen Jean Aulagnier. De nombreux notaires y ont participé dans les années 80, avec notamment le regretté président Jacques Battut. Au stade actuel, le vice-président de l’Assemblée nationale concerte avec les organisations professionnelles. Le processus devrait nous rappeler qu’il ressemble étrangement à celui qui, au début des années 70, a abouti à créer et organiser la profession des conseils juridiques, ces derniers étant devenus avocats. Ce qui a sonné le début de notre exclusion du droit des affaires et ouvert aux avocats la porte du droit contractuel, aujourd’hui revendiqué. Le droit patrimonial devrait-il subir le même sort ? Les mêmes causes générant les mêmes effets !

 

Initiative

Jean-Patrice Picot, président de la Chambre de Seine-et-Marne, fait sa pub notariale autour du “diagnostic notarial”. Cette remarquable initiative est rapportée dans NVP n° 979 au titre des régions. Ne devrait-elle pas être exportée et utilisée par la plupart des régions ne pratiquant pas, peu ou mal la négociation ? Ce diagnostic devrait être préalable à toute vente. Il est très apprécié de nos clients, même s’il n’est pas sollicité expressément, faute d’information. Voilà une excellente vitrine du savoir-faire notarial et de la valeur ajoutée du notaire, avant le fameux passage obligé, si convoité et si critiqué.

 

Cupidité, médiocrité et “conn…”

Extrait du discours de présentation des “Cahiers de doléances” par un ministre du roi. “Oyez, oyez, braves notaires du Tiers-État, les doléances de votre délégué de notre bonne province de haute Auvergne. Cette complainte qui devra être examinée comporte “l’abolition” de trois graves dysfonctionnements de votre état. La première qui devra être abolie est la cupidité. Vous devrez faire tous vos efforts pour que cette abolition prenne effet sans tarder. La deuxième est la médiocrité que vous devrez aussi abolir ! La troisième me plonge dans un abîme de perplexité tant elle est si communément ancrée et bien difficile à éradiquer. La bienséance n’empêche de rapporter ici la trivialité de l’expression, mais vous la reconnaîtrez aisément en regardant simplement alentour. Chacun en porte une part plus ou moins grande. Elle commence par “la conn…”. Mes chers amis, si d’aventure vos recherches pour améliorer votre état notarial vous amenaient à trouver comment abolir cette “conn…”, n’hésitez pas à nous en faire part. Nul doute que vous rendrez alors à sa majesté un énorme service, qui ne manquerait pas d’être loué et reconnu. Ainsi passeriez-vous à la postérité.”

 

Assurances

Dans le cadre de leurs activités professionnelles, les vétérinaires n’ont pas le droit de “vendre” une assurance à leurs clients. Ils peuvent toutefois les promouvoir et en expliquer le bien fondé et l’utilité. Il n’y aura bientôt plus que les notaires pour se voir mis à l’index du domaine des assurances, alors que leur connaissance est absolument indispensable au conseil patrimonial. À ce rythme, nous pourrons bientôt répondre à la question : “Comment se faire éjecter d’un marché immédiatement périphérique à son activité ?”. La passivité n’est-elle pas mère de tous les abandons ?