Sœur Anne et Mnémosyne

Les 441 études qui ont adopté Mnémosyne sont un peu dans la situation de la « Dame » du moyen âge qui attend le retour de son chevalier de mari parti guerroyer et qui, lasse de grimper « dans la tour » pour guetter, interroge sa sœur : « Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ? ». La réponse négative est bien connue : « Je ne vois que la terre qui poudroie… ». Ne peut-on craindre que les belles résolutions de l’AG. du 7 octobre 2008 ressemblent un peu à ce « poudroiement » ? Étaient également à l’ordre du jour une augmentation de capital (pour combler un copieux déficit !), une réduction des lenteurs « encore » constatées et l’ouverture de 3 directions régionales (Lyon, Rennes et Lille), en attendant celle de 5 autres !… « Détermination, engagement, compétence » ont été exigés des 100 collaborateurs qui œuvrent sur ce projet pharaonique, mais aussi des notaires pour qui Mnémosyne représente un « enjeu vital » (sic). Attendons et espérons que le feuilleton débouchera sur un concret… cher, très cher, mais jamais trop quand on aime.

 

Omnibus de l’installation

La grogne s’installe sur l’étroit portillon qui verrouille la sortie de l’ancien notaire et l’entrée du jeune plein d’ardeur. Le voilà stoppé dans le train omnibus qui véhicule son dossier de cession. Il est parti de la station famille pour la mise de fond personnelle, puis celles de la Chambre, Conseil régional, CDC, ANC caution, et on en passe !… De beaux discours autocongratulés avaient pourtant “promis juré” : pas plus de 8 semaines ! Las, l’omnibus est à l’arrêt place Vendôme, sans que quiconque puisse avancer le moindre pronostic de déblaiement de la voie. Devons-nous supporter la perte de confiance et d’énergie de nos jeunes ? Ils piétinent dans un amas de formalisme désuet débouchant sur un mur d’indifférence, sans que le juste prix soit pour autant indiqué dans ce temps difficile. N’est-ce pas le moins qu’on soit en droit d’attendre de notre mission “régulatrice d’équilibre” ? À commencer par nous-mêmes.

 

54 %

Tel est le score fort flatteur obtenu, sur le canton de Putanges (Orne), par Alain Lambert qui présida avec bonheur aux destinées de notre profession. Mais il n’a pas été élu. Il lui a manqué une seule et unique voie pour que le scrutin soit accepté. Le nombre des électeurs s’étant exprimés était trop faible pour valider le résultat. Le cas est, paraît-il, rarissime dans les annales ! Son élection au 2e tour n’a pas dû poser le moindre problème. Il mérite donc nos félicitations et encouragements. Ils sont si peu nombreux et pourtant tellement utiles à la profession, nos confrères qui se risquent à briguer une élection politique. Alors bravo !

 

Régulation

La régulation est aujourd’hui sur toutes les lèvres de nos décideurs politiques qui l’appellent de leurs vœux. N’est-ce pas une chance inespérée pour notre profession ? Le notariat est, par essence, investi du devoir d’expliquer, voire traduire, écrire, et authentifier la règle de droit dans les contrats. Peut-être serait-il temps de hisser la grand’ voile tant que le vent souffle du bon côté ? L’angle de projection dans lequel nous clamons notre devoir de faire régner l’authenticité de la règle est singulièrement rétréci au seul immobilier et à la famille. Soit un peu moins de la moitié du patrimoine. N’avons-nous pas vocation à étendre les vertus authentiques à l’ensemble du patrimoine ? Nous rencontrerions là le souhait de nombre de nos concitoyens… Ne serait-ce pas grandir dans notre mission et non déchoir comme d’aucuns le prétendent ? Alors pourquoi ne pas passer à une position plus active qui pourrait en l’état actuel être bien accueillie. Le vent est favorable, c’est rare, raison de plus pour s’y coller ! Car le libéral concurrentiel bruxellois n’a pas dit son dernier mot ! « Si vis pacem… ».

 

Le pour et le contre

Dans sa 1re parution de l’année, les « Petites Affiches » nous livrent une longue et intéressante interview de Pascal Eydoux, président de la Conférence des 180 Bâtonniers (excepté Paris). Nous ne retiendrons que 2 propositions. Dans la première que nous ne pouvons qu’approuver, Me Eydoux rejette, pour l’instant, une fusion absorption notariale pour cause de corporatisme des deux bords. Il centre le débat sur le Droit lui-même, au projet de ses usagers et non pas des professionnels. Le Droit, dit-il, est un « régulateur social » qui justifie sa protection « comme on protège le chiffre ». Élémentaire, mon cher Watson ! Le périmètre du Droit est à l’évidence envahi par des compétences souvent inexistantes, en tous cas improbables et toujours aléatoires. D’autant que du seul côté du chiffre, nous avons de sérieux compétiteurs ! Nous pouvons donc sur ce point faire cause commune. La seconde proposition, on s’en doute, porte sur « l’acte sous signature juridique », comprenez « l’acte d’avocat ». Ce cheval de bataille est bien connu pour pénétrer l’immobilier et résoudre, comme par miracle, la pénurie que connaît une majorité d’avocats en recherche alimentaire. Serions-nous chargés d’y pourvoir en leur lieu et place ? La régulation d’autrui ne passerait-elle pas par celle de sa propre population à croissance exponentielle ? Que chacun balaye devant sa porte…