La peste et le choléra

Ainsi sommes-nous dans une forte inconfortable position, entre l’arbre et l’écorce ! Si, à l’heure où nous écrivons cette brève, la fusion imaginée en haut lieu semble abandonnée par Darrois & Co, nous voilà invités – pour ne pas dire sommés- de faire un choix cornélien entre un abandon et une admission. Le premier concerne l’accès au fichier immobilier, objet de toutes les convoitises ; la seconde, plus insidieuse, consisterait à admettre que les avocats « en second » participent aux honoraires des ventes. Chacun appréciera ! Bien sûr, il est possible de rappeler ce qui est fait (et bien fait) haut et fort, de répéter que nous n’avons pas à pallier l’excès incontrôlé du nombre dans une profession voisine. Autant prêcher dans le désert ! Il faut choisir, semble-t-il, entre la peste et le choléra, si nous ne voulons pas qu’une autorité impérieuse (un simple décret) le fasse à notre place…

 

À votre bon cœur !

Nous sommes peu habitués à la sébile présentée par une profession en mal de produits, à l’égard d’une autre supposée être repue. N’est-ce pas cette pratique, pour la moins curieuse, que nous constatons aujourd’hui ? Coiffer Paul en décoiffant Pierre semble devenir une habitude en haut lieu, depuis quelque temps déjà. Par exemple pour les retraites, principe de solidarité oblige. Ici, on se prend à douter. Où est le bon sens revendiqué par notre bon peuple et si peu pratiqué par nos chefs ? Car, enfin, ne professe-t-on pas que la solidarité est supplétive, ne devant intervenir que si l’intéressé ne pourvoit pas d’abord lui-même à ses besoins, fussent-ils alimentaires ? C’est seulement faute d’y parvenir, tout en ayant employé les moyens, qu’on peut envisager d’actionner la solidarité. On a pu croire un instant que c’est vers le retour à ce bon sens qu’on se dirigeait. On a dû se tromper de direction en ce qui nous concerne…

 

2 questions

Le député Louis Giscard d’Estaing a annoncé qu’il recevra prochainement « les acteurs du conseil de patrimoine ». Deux questions devraient nous agiter. Tout d’abord, pourquoi lui ? C’est le député de Clermont-Ferrand où sont nés le diplôme et le concept de patrimoine global et leurs formations, grâce à l’action combinée du Doyen Aulagnier et de notre confrère Jacques Battut. C’est donc vers ce député que « les associations », qui sont nombreuses et fort heureusement divisées, se sont tournées dans leur quête de reconnaissance ! Seconde question : le notaire se considère-t-il reconnu parmi les « acteurs du conseil patrimonial » ? Réponse affirmative évidente, mais où en sommes-nous ? Situation, inventaire, action ? Crise ou pas, les autres bougent. Et nous ? Pourquoi n’irions-nous pas également consulter LGE si nous nous considérons aussi comme des « acteurs du conseil de patrimoine » ?

 

La Crise, et après ?

La crise est là, et alors ! À croire qu’on n’avait jamais vu cela. Un peu à la manière d’un automobiliste qui peste contre la neige en hiver. Depuis la fin des 30 glorieuses, « nos experts » ont observé qu’une crise se produisait en moyenne tous les 7 à 8 ans. Le printemps reviendra aussi sûrement que l’embellie après la crise hivernale. Jusque-là, les lamentations n’ont d’autre effet que d’accroître la morosité peu favorable à l’action qui, elle, pourtant ne manque pas d’ouvrage. Mettre l’étude en ordre de marche, jouer à fond la DQN, faire un plan d’éradication des rejets et autres refus (ceux qu’on peut et doit éliminer), traiter les dossiers de fond de placard, ceux dont personne ne veut et qu’il faudra bien aborder… Et, comme dirait « le bon docteur y’a qu’à », chercher à exploiter les mines d’accroissement des recettes pour éviter la chasse aux dépenses qui risquent de laisser l’office anémié lors de la reprise. Enfin, s’occuper plus et mieux du client qui n’attend que nos conseils patrimoniaux. Après la pluie, le soleil !