Philippe Krummenacker, notaire à Metz, a plusieurs casquettes : président, depuis 2008, de l’Institut Notarial de l’Entreprise et des Sociétés (INES), il est également l’un des fondateurs de Notaires Conseils des Entrepreneurs (NCE). Avec Hubert Fabre (Paris), Philippe Krummenacker partage la vice-présidence de cette jeune association, présidée par Jean-Paul Mattéi (Pau).

Notariat 2000 : Qu’est-ce qui vous a motivé à pratiquer le droit de l’entreprise ?
Philippe Krummenacker : Le déclic s’est fait lorsque j’étais stagiaire. L’étude où j’étais pratiquait le droit de l’entreprise. J’ai eu l’opportunité d’approcher son service de secrétariat de sociétés. J’ai pris goût à fréquenter une clientèle d’entrepreneurs. Des gens passionnés. Ce fût une découverte. Lorsque j’ai été en mesure de m’installer, en 1999, j’ai naturellement entrepris de développer cette activité.

Notariat 2000 : Vous êtes cofondateur de NCE. Pourquoi avoir créé une telle structure ?
Philippe Krummenacker : Les statuts ont été signés au printemps 2008. Avec mes confrères Frédéric Roussel (Lille) et Marie-Christine Larcher (Le Mans), nous voulions créer une entité indépendante aux côtés de l’Institut notarial des entreprises et des sociétés (INES). Nous avons réussi. Même si notre siège social est hébergé par le CSN, NCE n’agit pas en réaction de ce dernier, mais en accompagnement. Enfin, NCE n’est pas un réseau : c’est une association qui permet, à tous ceux qui le souhaitent, de passer d’un monopole institutionnel à un monopole de compétences. Au fond, NCE n’a qu’un objectif : faire en sorte que le notaire redevienne le professionnel conseil du chef d’entreprise, comme il l’était naguère.
Notariat 2000 : Que représente NCE aujourd’hui ?
Philippe Krummenacker : Près de 6 ans après sa création, l’association compte 80 membres, présents dans toutes les régions de France métropolitaine, les DOM et dans des pays de l’Afrique francophone. Bien sûr, certaines régions sont plus dynamiques que d’autres, mais le bouche à oreille marche partout très fort, ce qui nous permet d’offrir nos services à tous nos confrères, peu enclins à l’idée de se lancer seuls. A côté de la formation (1), nous proposons des échanges de bonnes pratiques et une cotraitance des dossiers. Par exemple, si un confrère se voit proposer une fusion, même s’il n’est pas au top, il pourra prendre le dossier du client avec l’appui d’NCE… et ne plus le laisser partir à la concurrence. Nous traiterons le dossier avec lui, après signature d’une charte qui fixera les règles d’intervention, de rémunération et de déontologie. Il faut surmonter les individualismes et les craintes de démarchage.

Notariat 2000 : Comment se positionne NCE par rapport au notariat “traditionnel”, même si ce dernier est susceptible de faire déjà appel à UNOFI ?
Philippe  Krummenacker : La démarche de NCE, c’est d’aider nos confrères à pratiquer, voire créer un service “Droit de l’entreprise” et à faire changer leur regard sur nos clients entrepreneurs. Le notaire peut et doit les accompagner juridiquement tout au long de leur vie personnelle et professionnelle (avec notamment la gestion de patrimoine et le secrétariat juridique). Il en a la compétence. Les clients et les experts comptables sont très demandeurs.

Notariat 2000 : Que diriez-vous à un confrère qui fait une cession de fonds de temps à autre, et qui voudrait s’intéresser un peu plus au droit des affaires ?
Philippe  Krummenacker : Je lui dirais : “N’ayez pas peur, osez !”. Bien sûr, le droit des affaires est une matière à risques (abus de droit, responsabilités…), mais c’est un droit accessible à tous ceux qui veulent bien s’y impliquer ! Comme moi, les confrères qui pratiquent sont issus, essentiellement, du notariat traditionnel. Ils ne viennent pas d’une autre planète ! Ils ont souvent commencé sur des dossiers simples, puis sont montés en puissance au bout de 2 ou 3 ans et ont pris de l’assurance. La valeur ajoutée, c’est la culture transversale des confrères. Le droit des affaires est une matière permanente. Il ne faut pas attendre que le client vienne à son bureau ; il faut aller le voir dans son entreprise. Car c’est une source d’épanouissement, de développement. N’oublions pas, non plus, que l’entrepreneur paie le conseil. D’ailleurs, NCE apprend à facturer dans le respect des règles de déontologie, après avoir défini le coût horaire. Nous allons tous dans la même direction. Simplement, il ne faut pas s’encroûter, mais réfléchir et prendre de la hauteur. Le droit des affaires est un champ à défricher ou à reconquérir…

1. NCE a été précurseur, dès 2009, en matière de formation en ligne. Des web conférences sont ainsi organisées les 2e et 4e jeudis de chaque mois de 8 h 30 à 9 h 30 (“Les jeudis de NCE”). Ces visio-conférences sont prises en compte par le CSN dans le “quota temps formation” imposé à chaque notaire/collaborateur.

Notaires Conseils des Entrepreneurs
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