J’ai fait un rêve…

Mon ambition ultime était de devenir Président… du CSN.

Je commençais mon cursus honorum par une présidence de chambre, puis de conseil régional.

 

Rapidement, je fus élu comme délégué de ma Cour au CSN. À partir de là, je calculai que j’avais 4 ans pour arriver à me faire coopter. Je vantais donc, en y croyant ou pas, les louanges de cette merveilleuse et noble institution.

Je prenais part à toutes les commissions, essayant en permanence d’être innovant, mais sans heurter les esprits moins avant-gardistes. Je me maintenais en permanence sur le fil du rasoir.

J’étais de tous les congrès, assemblées de liaison, universités du notariat. Je contribuais, au grand dam de mes associés, à tous les instituts. Pour rien au monde, je ne manquais l’occasion de m’approcher des deux représentants suprêmes se succédant pendant les 4 années de mon mandat. Je bichonnais tous les permanents, du directeur général à la petite standardiste.

Je courtisais tous mes pairs, élus comme moi, mais aussi tous les représentants de la profession, secrétaires généraux, présidents de chambres ou de conseils régionaux.

Je publiais sans cesse des articles dans la presse, me faisais entendre sur les ondes et passais même plusieurs fois à la télévision. Je fréquentais et flattais toute personne dont je pensais qu’elle pourrait être utile à mon ambition au risque d’y perdre mon âme.

Je devins même président d’un organisme volontaire qui était auparavant connu pour son impertinence et que je parvins à transformer en véritable partenaire fidèle et indéfectible du CSN.

Mes efforts finirent par être récompensés. Tout avait finalement parfaitement réussi. On finit par me désigner comme candidat officiel pour accéder à cette fonction suprême.

C’est alors qu’un électron libre, un candidat véritable non coopté, se présenta contre moi…

Et je me suis réveillé.