Samedi 8 janvier 2011, Paris. Alors que toute la France fêtait avec faste la sortie du dernier album « live » de Carla B., je me suis rendu chez mon Notavoc car j’envisage de me marier…

 

Mon affaire est de faible importance pour mon notavoc car il ne s’agit que d’un contrat de mariage. Cependant, grâce à l’appui de mon ami d’enfance, devenu Président du Conseil Supérieur des Notavocs, j’ai pu obtenir un rendez-vous dans un délai record de trois semaines (heureusement mon mariage n’est prévu que pour la mi-février). Je n’ai pas eu de mal à trouver le cabinétude de Me Belfraze, le Notavoc que mon ami m’a conseillé. En effet, le panneau lumineux de la devanture m’a indiqué le chemin au milieu de la brume matinale parisienne. Arrivé sur place, une charmante hôtesse m’a accueilli, me proposant, pour patienter, un café et le dernier numéro de la revue éditée par Me Belfraze : « Vous et votre Notavoc : couples pour avoir la paix, préparez la guerre ». J’ai eu à peine le temps de déguster mon café que l’hôtesse est revenue me chercher.

 

Avocat ou notaire ?

Le bureau de Me Belfraze est vaste, lumineux, meublé avec goût. Il s’est tout de suite enquis des raisons de ma venue. En quelques mots, je lui ai fait part de mon bonheur de convoler prochainement en justes noces avec ma compagne. Étant commerçant, je souhaite faire établir un contrat de mariage afin de mettre ma future épouse à l’abri de mes éventuels créanciers. Le visage de mon Notavoc s’est figé lorsqu’il a réalisé que je n’étais point venu pour défendre mes intérêts, mais pour éviter tout conflit ultérieur. Il s’est alors tourné vers son Imactatile et a pianoté sur son écran, l’air soucieux. Les minutes se sont écoulées et j’ai regardé ma montre avec anxiété, on m’avait effectivement indiqué que le tarif horaire de Me Belfraze était relativement élevé. Au bout de cinq bonnes minutes, il a appelé l’une de ses collaboratrices. Cette dernière a fait irruption dans le bureau et est venue se tenir à la droite de son employeur. « Dites, vous avez fait du notariat dans votre jeunesse non ? » lui a-t-il demandé. L’acquiescement de la collaboratrice m’a rassuré. Me Belfraze m’a ensuite interrogé sur la consistance de nos patrimoines respectifs : « Votre future épouse est-elle fortunée ? son portefeuille titres est-il bien administré ? ». Il m’a alors indiqué que depuis la fusion des professions d’avocats, d’avoués, de notaires, d’experts immobiliers et d’experts comptables, son cabinétude disposait d’un service très performant de conseillers financiers, dirigé par un ancien banquier : Jérôme KA. L’ayant pleinement renseigné, il m’a demandé quelle pension alimentaire j’envisageais de verser à ma future ex-épouse et si nous avions déjà fixé une durée maximale à notre union.

 

Chacun à sa place

C’est à cet instant précis que je me suis réveillé, trempé de sueur mais heureusement allongé à côté de ma future épouse qui dormait encore profondément dans un univers où les avocats étaient encore des bons avocats, les notaires des bons notaires et où chacun d’entre nous pouvait encore choisir librement son conseil en fonction de sa propre situation et de ses propres besoins. Un univers où le rôle de chacune des professions reste clairement défini pour le bien de la collectivité…