Le « symposium des jeunes » promis par le CSN aura lieu le 14 mars 2006 à Paris, à la Cité des Sciences de Paris La Villette, en présence de jeunes. Quels jeunes ? Comment auront-ils été choisis ? Quelle sera leur représentativité ? Les associations existantes seront-elles présentes ? Est-il prévu d’en profiter pour coordonner la jeunesse du notariat ?

 

L’actuel Président du CSN, Laurent Dejoie, a placé son mandat sous les thèmes de l’Europe et de la jeunesse. En ce qui concerne les jeunes, l’action du CSN a été entamée au printemps 2005 avec l’envoi de 15.000 questionnaires aux étudiants en DESS ou CFPN, notaires stagiaires, assistants et salariés, collaborateurs de moins de 35 ans. L’avis des notaires a également été sollicité. La qualité et la pertinence des questions ont été unanimement saluées. Elles témoignent d’un important travail de préparation. Mais l’essentiel n’est-il pas l’humain ? Là, le bât blesse un peu… Seuls 200 notaires ont répondu, sur plus de 8.000, ce qui démontre leur intérêt relatif pour l’avenir de la jeunesse (et de la profession) ! Le C.S.N. a reçu 5.000 réponses, les jeunes ayant été contactés par l’intermédiaire de leurs employeurs qui n’auraient pas tous “joué le jeu”, selon les témoignages recueillis. Il manque un « fichier jeunes » au CSN, pourtant détenu par la CRPCEN.

 

Axes du plan d’action

Après dépouillement du questionnaire, le C.S.N. a organisé 8 réunions-débats en province et une à Paris, le 24 octobre 2005. Y ont été transmises les doléances des jeunes : formation inadaptée aux besoins des offices, stage sans suivi et dans des conditions parfois difficiles, absence de plan de formation véritable, absence de cours de déontologie, rémunération peu attractive, image poussiéreuse de la profession…

Le CSN a alors présenté les premiers axes de son plan d’action :

• sur la formation initiale (intégrer la déontologie, la gestion, le management, les langues et supprimer le mémoire) et la formation continue : réforme et organisation plus précise du stage, statut du maître de stage, e-learning…,

• le management des collaborateurs (intéressement, PEI, avantages sociaux)

• l’organisation du travail dans l’office (DQN),

• les structures de la profession (tutorat, promotion du notaire salarié, solennité de la prestation de serment, aides aux créateurs d’offices, explication des structures du notariat…)

• l’avenir européen de la profession (droit communautaire, langues, titre exécutoire européen, NTIC…)

Si le plan d’action est excellent, et même vital pour la profession, si le fait de donner la parole aux jeunes est courageux, il reste qu’une nouvelle fois le côté humain a été un peu oublié. En effet, les jeunes présents semblent avoir été prévenus tardivement et les structures de jeunes n’y ont pas été étroitement associées.

 

Internet, l’outil idéal ?

Lors du prochain « symposium jeunes », les propositions seront fixées par le CSN et officiellement annoncées aux jeunes et à la profession. Les structures de la jeunesse ont-elles été suffisamment associées à cet événement et/ou se sont-elles suffisamment mobilisées ? Je pense notamment à M.J.N., fourmilière d’idées et de talents, qui est une véritable porte ouverte sur le “microcosme notarial” et à Futurnot ( futurnot@free.fr ), salon de discussions sur internet qui regroupe des futurs notaires de toute la France, du notaire stagiaire au notaire salarié. En moins de deux ans, 6.000 messages, couvrant toutes les préoccupations des futurs notaires, ont été échangés entre les internautes de Futurnot. Au niveau national, le Syndicat des Cadres (SNCTN) est souvent oublié par les jeunes, car l’aspect syndical rebute et semble mal perçu par les employeurs. C’est une profonde erreur : en n’adhérant pas au syndicat des Cadres, les jeunes se privent de toute représentativité, et restent muets dans les discussions relatives à leur situation professionnelle (mais j’y reviendrai dans un prochain article). Enfin, localement, il existe deux conférences de futurs notaires à Paris (la Conférence Leloir et la Crosse), très efficaces pour la future installation. D’autres conférences sont en création en province, notamment à Lyon.

Pour les étudiants, des associations existent pour chaque DESS ou CFPN, sans oublier l’ACSEN d’Olivier Pujol et Marie-Caroline Houdry pour le CSEN de Paris. Certes, ces associations ne rassemblent pas tous les jeunes, ni tous les futurs notaires. Cependant, n’est-il pas incohérent de les contourner ou de les ignorer ? N’est-il pas dommage de se passer des plus bruyants qui sont, par nature, les plus représentatifs ? La profession notariale a tout intérêt à favoriser la structure et la coordination de la jeunesse. Si les rencontres humaines sont évidemment irremplaçables, internet est l’outil idéal de la réunion de la jeunesse, car les sites et messagerie sont d’une efficacité et d’une rapidité inégalables et les jeunes les maîtrisent parfaitement. La coordination des jeunes, éparpillés dans tous les coins de France, pourra se réaliser grâce à des sites qui s’imbriqueront les uns aux autres. Cette organisation démocratique de la jeunesse est nécessaire pour mettre en pratique et surtout rendre efficaces, sur la durée, tous les efforts du CSN envers la jeunesse.