Grégory Betta voulait un congrès “pratico-pratique” répondant aux interrogations des jeunes. Pari tenu lors de cette 40e édition qui fut l’une des bonnes surprises de cette rentrée ! Malgré une période agitée, le congrès d’Hammamet a su redonner un peu d’optimisme aux futurs notaires, venus en grand nombre, tout en renouant avec cet esprit bon enfant qui fait le charme des congrès Jeune Notariat. Revue de détails…

 

“Ayons confiance en l’avenir, soyons acteurs de notre vie !” C’est par ces mots que Gregory Betta, président du Congrès MJN 2009, a ouvert le 40e Congrès MJN. Un message reçu cinq sur cinq par les congressistes, très jeunes dans leur ensemble et qui, pour la plupart, vivaient là leur premier congrès. Pendant 4 jours, l’équipe intellectuelle, emmenée par Jean-Philippe Sportouch, créateur d’office à Enghien (Val d’Oise), rapporteur général, a apporté des réponses pragmatiques, qu’il s’agisse du choix du statut juridique, des précautions à prendre pour réussir une association, de l’aspect financier ou de la procédure de nomination.

 

Clarté et efficacité

Bien que 36 propositions soient présentées en annexes du rapport du congrès (Cf. le recueil des propositions pages 366-370), l’équipe avait choisi, pour plus d’efficacité, de n’en mettre qu’une poignée sous les feux des projecteurs du congrès. Il fut notamment question de “parrainage”, un concept simple auquel le MJN est très attaché mais qui n’a jamais été mis en pratique, de la suppression de l’habilitation et de la nécessité de faire évoluer le statut de notaire salarié. Les propositions de créer un statut de “notaire collaborateur” et de “notaire remplaçant” ont été largement débattues lors de la seconde commission. Est-ce applicable dans nos campagnes où le client est très attaché à son notaire ? Cela ne nuirait-il pas à l’image de la profession ?

 

Au rang des autres propositions, retenons notamment celles :

• de privilégier dans un dossier de cession la comptabilité analytique, d’établir un tableau faisant ressortir le réel besoin en fonds de roulement et d’attribuer un “notaire parrain” à chaque candidat à l’acquisition pour analyser avec lui le dossier de cession…

• de favoriser la promotion interne des collaborateurs ;

• de créer un service internet de mise en relation cédant-cessionnaire, confidentiel et sécurisé, permettant au cédant de consulter le fichier des cessionnaires en toute discrétion et d’avoir des informations sur son profil (localisation, spécialisation, apport financier…). Cette base de données pourrait également servir aux candidats-cessionnaires, à la recherche d’un partenaire désireux de reprendre une étude à deux ou à plusieurs ;

• d’améliorer la procédure de nomination avec la mise en place d’un délai de 6 mois maximum à compter du dépôt du pré-dossier à la Chambre ;

• de faire intervenir un professionnel du recrutement dans le choix de l’associé ;

• d’imposer un règlement intérieur en cas de pluralité d’associés ;

• d’être vigilant quant aux structures en réseau par le biais d’un SPFPL (société de participation financière de professions libérales), notamment face à la concurrence des autres professions juridiques (voire bancaires) et de mettre en place une cellule technique, issue de la profession (éventuellement au CSN) pour que chaque office intéressé puisse faire l’objet d’un audit précis.

• d’étudier sérieusement la faisabilité de la notion d’inventeur de site. Pour MJN, l’invention de site doit être vue comme un nouveau mode de création d’office, innovant et permettant de nouvelles implantations. Ces études devraient être attribuées sur le schéma du concours de création par respect de l’égalité des chances.

 

À 80 % féminine…

À Hammamet, les filles ne comptaient pas pour des prunes puisque l’équipe était essentiellement féminine. Pas de blabla (chaque prise de parole était en moyenne de 7 minutes), mais, à chaque fois, des interventions claires, avec à la clé une ou deux propositions. Une équipe de choc et de charme qui n’a pas empêché Olivier Jamar, notaire en Belgique, rapporteur dans la seconde commission de tirer son épingle du jeu. Sa proposition de modifier le mode de “recrutement des notaires”, en généralisant en France et dans l’Union européenne, le concours pour accéder à la profession de notaire, a fait frémir la salle… Ajoutons une mention spéciale au tandem Serge Krief et Anne-Laure Regard, notaires associés à Vélizy, qui, avec humour et décontraction, a démontré qu’on pouvait concilier travail en famille et vie privée.

 

Synthèse : place aux jeunes !

Pas de professeur émerite, ni de “grande pointure” juridique en clôture de cette 40e édition ! Ce sont deux jeunes congressistes, Aurélie Mangiavillano, notaire assistant à Gardanne chez Me Philippe Durand et David Galidie, notaire assistant à Bordeaux chez Me Catherine Breyne-Talucier qui ont été choisis en début de congrès pour faire la synthèse des travaux. Une évidence pour le Président du Congrès qui, dans un congrès sur l’installation, souhaitait qu’on entende surtout la voix des jeunes ! A l’arrivée, nos deux jeunes futurs notaires, dont c’était le premier congrès MJN, ont fait rimer ce congrès avec les mots “Confiance” et “Démocratie”. “À 25 ans, lorsqu’on décide d’être notaire, on ne doute de rien. Mais, peu à peu, cette belle confiance s’amenuise. A 31 ans, je songeais à quitter le notariat et à me réorienter. Je me suis retrouvée en famille sur ce congrès et à nouveau confiante en l’avenir” a notamment expliqué Aurélie Mangiavillano.

 

Coup de pouce aux créateurs

En tant que fondateur du forum sur internet “futurnot”, spécialement dédié aux futurs notaires, Gregory Betta sait combien s’installer relève parfois du parcours du combattant. La création d’office est une solution, mais encore faut-il réussir les épreuves écrites… et orales du concours. Un atelier, animé par des créateurs d’offices, a été organisé lors du Congrès pour aider les jeunes à préparer leurs oraux (qui débutent dans quelques jours). L’occasion pour les candidats de poser des questions concrètes sur le déroulement de l’épreuve, mais aussi de glaner quelques petits conseils avisés.

 

La tête… et les jambes

Les congressistes se souviendront pendant longtemps de la prière anti-Darrois et des parodies de chansons entonnées par l’équipe ! Dès le premier soir, toute l’équipe du congrès est montée sur scène pour offrir aux congressistes un spectacle “100 % MJN”. Bravo à Sabine Fieret-Chantraine, notaire assistant à Lille qui a planché sur la partie animation du congrès, à François, son époux, venu lui prêter main forte pour les voix “off” et à toute l’équipe de rapporteurs qui a démontré qu’on peut faire du travail sérieux… sans se prendre au sérieux !

 

Rencontre au sommet

Les travaux de ce 40e congrès ont interpellé “MAM” et son équipe. L’équipe du congrès sera reçue le 16 octobre au ministère de la Justice par Aude Ab Der Halden, conseillère en charge du droit civil, du droit économique et des professions juridiques et judiciaires auprès du Garde des Sceaux. À suivre…

 

Toutes les photos du congrès sur old.notariat2000.com

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