Alors que l’activité reprend doucement dans les services négociation, les prix, eux, continuent à baisser… Arrêt sur image à travers cette 91e tendance du marché immobilier réalisée, de janvier à février, auprès d’un panel de notaires répartis sur toute la France.

 

Tendance concernant l’activité
Une éclaircie bienvenue. En dépit d’une atmosphère économique particulièrement pesante, le nombre de services négociation ayant constaté une amélioration de leur situation bondit de 7 % à 13 % et celui enregistrant une contraction d’activité se réduit proportionnellement. C’est dans le Centre et au Nord de la France que ce phénomène apparaît le plus fréquemment. Mais, à Agen, Me Aleaume souligne que cette amélioration se fait parfois au détriment des vendeurs, par “une baisse très importante des prix (entre 20 % et 30 %)”. Sans aller jusqu’à ces extrêmes, la majorité des professionnels appelle de ses vœux la confirmation de ce déclin des prix afin que les affaires puissent retrouver un niveau raisonnable.

Une reprise d’activité se dessine au détriment des prix.

 

Tendance concernant les prix
Quel que soit le secteur immobilier, la baisse des prix semble se poursuivre inexorablement, avec une tendance de plus en plus généralisée pour les terrains (voir le graphique). La question se pose alors de savoir où cette baisse va nous conduire. Dans la mesure où la bourse apparaît comme un bon indicateur du futur, il faut alors s’intéresser au secteur des sociétés foncières. On y constate que, entre obligations à long terme (2,2 %) et rendement immobilier (5 %), l’écart a fortement progressé depuis le début de la crise. Il est deux fois plus faible en Allemagne. Tant que la crise demeure, il est peu probable que ces chiffres évoluent différemment. Mais, dès la reprise, on peut s’attendre à  une nette diminution de cet écart provenant, conjointement, d’une augmentation des taux, d’une baisse des loyers et d’un arrêt de la chute des prix immobiliers.

La baisse tend à se généraliser à toutes les régions. Rares sont les endroits où l’on anticipe encore des hausses.

 

Le conseil des notaires
C’est au niveau des terrains que la proportion des conseils de vente en premier devient singulière. 72 % de nos correspondants (contre 62 % il y a deux mois) y sont maintenant favorables. Ce moindre intérêt pour les terrains s’explique, en partie, par la difficulté que connaissent les promoteurs pour commercialiser leurs programmes et donc pour en élaborer de nouveaux. Sur un an, la baisse des mises en vente atteint, en effet, 35 %. Pour les logements, les résultats sont légèrement mieux partagés : près d’un quart des conseils demeurent attachés à l’achat avant la revente d’un bien immobilier. Ce qui signifie qu’il existe des portions de territoires pour lesquelles les effets de la crise ne sont pas encore très perceptibles.

 

Évolution de l’environnement économique
Fin février, l’indice INSEE de confiance des ménages demeurait stable. Il se maintenait au niveau de décembre et janvier. Les mauvaises nouvelles sur la cure d’austérité, proposée par le gouvernement pour équilibrer son budget, étaient alors reléguées au second plan par rapport au scandale de la viande de cheval qui touchait, directement, la consommation. On peut craindre que le pessimisme ambiant, qui s’est accentué depuis, mine un peu plus la confiance sur l’efficacité des mesures prises. Il risque de se développer au détriment des perspectives de croissance qui paraissent de plus en plus compromises.

 

NDLR : cette tendance a été rédigée le 18 mars 2013