Dans de nombreux offices notariaux, le tube du moment, c’est un remake de “tout le monde aux abris”. Normal : baisse des produits et beaucoup de charges fixes… l’étau se resserre. Un peu partout, on “réduit la voilure”. Les assemblées de mai ne sont-elles pas l’occasion d’exiger des informations sur les finances de la profession ?

Avec la crise, voilà le temps des regrets : “ah, si j’avais investi plus tôt sur de nouveaux champs d’activité et de nouveaux clients !”. Seulement, ça ne s’improvise pas, surtout quand on a pris la mauvaise habitude de surfer doucement et béatement sur la vague de l’euphorie immobilière ! Pour éviter l’asphyxie, on retrouve un peu partout le même modus operandi…

Dans les études…

1. On chasse le “superfétatoire”.
On commence généralement à travailler sur le chapitre “dépenses”. Et on décide de supprimer tout ce qui paraît superfétatoire, sauf bien sûr lorsque le “superfétatoire” est source de petits bonheurs personnels dont on ne saurait se passer… Naturellement, dans le “superfétatoire”, beaucoup incluent les abonnements aux revues dont la lecture ne semble pas absolument nécessaire. Et il arrive, malheureusement, que ce soit le cas pour Notariat 2000 !
2. On s’attaque aux dépenses de communication.
Et on taille en principe dans les budgets publicité. Est-ce la bonne solution ? Supprimer le moyen de faire connaître les biens immobiliers à vendre par l’office, cela ne va-t-il pas réduire les opportunités de nouvelles ventes ? Paradoxalement, réduire les dépenses, cela peut aussi contribuer à la réduction des recettes. En résumé, gare à ne pas confondre dépenses de consommation et dépenses d’investissements.
3. On “réduit la toile”.
Mais faut-il tailler dans les effectifs ? Là, il faut y regarder à deux fois. On s’attaque alors à ce que les économistes appellent “l’appareil productif”. Qu’en sera-t-il lorsque la conjoncture redeviendra meilleure ? Avoir autour de soi des collaborateurs de qualité, que l’on a mis beaucoup de temps à recruter, à former, à fidéliser, cela représente une vraie richesse qu’il faut préserver même quand les temps sont difficiles. Au pire, ou avant le pire, il faut se souvenir qu’il existe des formules de chômage partiel ou technique auxquelles on peut avoir recours.

Et au niveau
de la profession ?

Dans les postes de dépenses, il y a aussi un poste qui mérite un examen attentif : celui des cotisations. Tant que tout va bien, on s’en désintéresse : c’est la profession, c’est obligatoire et c’est supportable, car les produits sont bons. Mais quand les temps sont durs, peut-on encore se permettre le luxe d’une attitude aussi passive ? Ne serait-il pas nécessaire de retrouver un esprit critique ? Beaucoup d’initiatives, décidées par des élus dans certaines régions et financées par les cotisations de tous, ont abouti  à des “flops” magistraux dont le coût financier est supporté par la collectivité, sans que personne ou presque ne s’en émeuve. Peut-on, en temps de crise, continuer à subir de telles dépenses imposées sans exercer un contrôle, sans exiger des comptes ? Les assemblées de mai seront peut-être l’occasion pour les notaires de se manifester ?