Un an et demi après son installation, quel est son état d’esprit ? Comment voit-il l’avenir de la profession ?

À la différence de mon confrère Me José DUCASSÉ-DAVID qui avait chanté et mis en musique notre passion commune : “Je suis devenu notaire, comme avant l’était mon père”, c’est davantage une succession de rencontres positives connexes au notariat que de familiales traditions qui m’ont orienté vers cette profession : des conseils d’amis, des examens d’entrée réussis, un stage inspirant. Ayant prêté serment au jeune âge de 28 ans, faisant partie de cette vague de “nouveaux notaires” issus de la Loi Croissance, il me fut donc octroyé le droit de poser mon panonceau dans une ville plus ou moins de mon choix, en définissant de A à Z et avec un regard particulièrement “neuf” d’un nouvel entrant, la manière dont je souhaitais interpréter ce métier, mon rôle dans la société, ma nouvelle fonction d’officier public ministériel.

Un an et demi plus tard, suis-je heureux ?
Oui, sans hésiter. Les journées s’intensifient, les nuits se raccourcissent. Il est de ces coups de stress (qui a parlé de Loi de Murphy ?) qui laisseront leurs marques sur nos visages, l’on fait parfois beaucoup pour résoudre des problèmes pour nos clients, qu’ils n’auraient même pas imaginer exister. L’administratif législatif et règlementaire est lourd, et nous devons faire avec. Mais quand nos clients nous le rendent… c’est la meilleure des satisfactions professionnelles !

Quant aux instances, je les trouve indispensables à la profession, mais je com-prends les difficultés qu’elles ont pu rencontrer face à la profonde mutation de la profession ces dernières années. Le CSN a déployé avec réussite beaucoup d’énergie en 2019, de mon point de vue, pour s’adapter à ces changements. Quant aux chambres, eh bien, cela dépend d’où on tombe… Je me considère chanceux d’être affilié à celle de Paris. Mais j’ai reçu beaucoup de témoignages inquiétants d’autres créateurs quant à certaines pratiques, que je déplore toujours autant que l’an dernier.

Quel rôle aura le notaire demain ?
À mon sens, davantage le rôle de conseiller de confiance par manifestation de volonté que parce que c’est un passage obligatoire. “Je veux pouvoir choisir tout, et l’avoir tout de suite” : la société s’oriente vers cela, non ? Quant au rêve… Je ne saurai prédire l’avenir, je pense que ce rêve, il faut confraternellement ensemble l’écrire !

 

Jean-Baptiste Bullet