Incroyable, mais vrai ! À l’heure où la profession se livre à une importante campagne de communication dans les médias et sur nos ondes, un confrère nous fait parvenir cette petite histoire qui a été soumise à des élèves d’une école primaire. Voilà qui relativise beaucoup l’utilité d’une telle démarche de communication et nous en dit un peu plus sur l’art et la manière de donner à nos ” chères petites têtes blondes ” l’image d’un notaire roublard et obséquieux…

 

« C’est moi, Monsieur Pierre, qui parle, et c’est à moi qu’est arrivée l’histoire. Un jour en fouillant dans ma poche, je trouve une pièce de 5 nouveaux francs. Je me dis : “Chouette ! Je suis riche ! je vais pouvoir m’acheter une maison !”. Et je cours aussitôt chez le notaire.

- Bonjour Monsieur le notaire ! Vous n’auriez pas une maison dans les 500 francs ?

- 500 francs comment ? Anciens ou nouveaux ?

- Anciens naturellement !

- Ah non, me dit le notaire, je suis désolé ! J’ai des maisons à 2 millions, à 5 millions, à 10 millions, mais pas à 500 francs… Moi, j’insiste quand même.

- Vraiment ? En cherchant bien, voyons…Pas même une toute petite ? A ce moment, le notaire se frappe le front.

- Mais si, j’y pense ! Attendez un peu… Il fouille dans ses tiroirs et en tire un dossier.

- Tenez, voici : une petite villa, située sur la grand-rue, avec chambre, cuisine, salle de bains, living-room, pipi-room et placard à balais.

- Combien ?

- 350. Avec les frais, cela fera 500 nouveaux francs exactement.

- C’est bon, j’achète. Je pose fièrement sur le bureau ma pièce de cent nouveaux sous. Le notaire la prend et me tend le contrat.

- Tenez, signez ici. Et là, vos initiales. Et là encore, et là aussi. Je signe et je lui rends le papier en lui disant : “ça va comme ça ?” Il me répond : “Parfait ! Hihihihi !” Je le regarde intrigué…

- De quoi riez-vous ?

- De rien, de rien… Ah ah ah ! Je n’aimais pas beaucoup ce rire. C’était un petit rire nerveux, celui de quelqu’un qui vient de vous jouer un méchant tour (…) »

 

Note de lecture Nous épargnons à nos lecteurs les 3 pages de textes qui suivent. Précisons cependant que le héros de notre histoire achète une maison hantée, ce que le notaire s’abstient de lui préciser au titre de son devoir de conseil.

 

Commentaire de texte Le notaire est, bien entendu, l’allié des riches et pas des pauvres. Le malheureux confrère ne dispose que de maisons à vendre à deux, cinq ou dix millions. L’affirmation n’est pas neutre. L’acquéreur pose sa pièce de cent sous sur le bureau : on constate que le notaire, particulièrement rapace, la prend immédiatement et tend ensuite le contrat. Des sous, des sous ! Il ne lit absolument pas l’acte et le tend en demandant au client de le signer. Le bouquet final est l’image de filou du notaire qui rigole, content d’avoir joué un méchant tour à son client (il y a une sorcière dans le placard à balais). Nous sommes loin du concept ” mon notaire rend mes projets plus sûrs, mon notaire c’est la paix garantie “. N’y aurait-il pas intérêt à développer notre action vers les plus jeunes qui sont les patrimoines de demain ?